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Prière œcuménique pour la paix au Liban, jeudi 1er juillet 2021, en la basilique saint-Pierre de Rome. Prière œcuménique pour la paix au Liban, jeudi 1er juillet 2021, en la basilique saint-Pierre de Rome.  

Le Pape prie pour le Liban, message de paix qui éclaire le Moyen-Orient

Après la Prière œcuménique pour la paix au Liban, le Pape François a délivré un dense message devant neuf responsables chrétiens du pays, s’adressant au peuple libanais, à ses autorités politiques, à la communauté internationale. Depuis la basilique saint-Pierre de Rome ont ainsi résonné «les projets de paix, et non de malheur» que peut porter le pays levantin, si cher au Pape, pour notamment, dit-il, "son trésor de spiritualité et de civilisation".

Delphine Allaire - Cité du Vatican

La journée pour le Liban de ce jeudi 1er juillet s’est achevée dans la basilique Saint-Pierre par une prière œcuménique rythmée par la lecture d’extraits de la Parole de Dieu, des prières d’invocation et des chants des diverses traditions liturgiques arabe, syriaque, arménienne, araméenne et chaldéenne.

À la fin de la célébration, des jeunes ont donné aux chefs chrétiens une lampe allumée déposée sur un candélabre en signe d’espérance de paix; le Souverain pontife argentin a ensuite adressé son message très attendu au peuple en souffrance de la terre des cèdres. Il a commencé par renouveler son souhait de visiter prochainement le pays, se disant «fortement préoccupé» par la grave crise qu’il traverse.

Implorer le Ciel avec insistance 

Le peuple libanais, «déçu et épuisé», est en quête de certitudes, d’espérance, de paix en ce moment sombre. Ainsi François appelle à «ne pas se résigner, ne pas se lasser d’implorer du Ciel cette paix que les hommes peinent à construire sur la terre». «Demandons-la avec insistance pour le Moyen-Orient et pour le Liban. Ce cher pays, trésor de civilisation et de spiritualité, qui a rayonné au cours des siècles sagesse et culture, qui témoigne d’une expérience unique de coexistence pacifique, ne peut être laissé à la merci du sort ou de ceux qui poursuivent sans scrupules leurs intérêts personnels», a affirmé l’évêque de Rome, qui avait déjà rédigé une missive d’espérance au peuple libanais, le 24 décembre 2020.

Le Liban porte un message universel 

Le Liban est un petit-grand pays, mais il est davantage, a ajouté le Pape: «Il est un message universel de paix et de fraternité qui se lève du Moyen-Orient».

«En ces temps de malheur, nous voulons affirmer avec force que le Liban est, et doit demeurer, un projet de paix, a insisté François, mettant en relief la vocation du pays, celle d’une terre de tolérance et de pluralisme, d'une oasis de fraternité où religions et confessions différentes se rencontrent, où communautés diverses cohabitent en mettant le bien commun avant les intérêts particuliers.

“Le Liban est un message universel de paix et de fraternité qui se lève du Moyen-Orient”

En finir avec les profiteurs du Liban

«Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre! Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens! Cela suffit d’utiliser le Liban et le Moyen-Orient pour des intérêts et des profits étrangers!», s’est indigné le Saint-Père citant son discours de Bari en 2018, exhortant fermement à donner aux Libanais «la possibilité d’être protagonistes d’un avenir meilleur, sur leur terre et sans ingérences abusives».

Projets de paix et non de malheur, a solennellement martelé le Pape, saluant «la richesse florissante d’une histoire unique». «Vos hauts cèdres, symboles du pays, rappellent aussi que les grandes branches ne naissent que de racines profondes», a-t-il relevé, avant de se lancer dans une série d’interpellations à diverses échelles.  

Citoyens, politiques, diaspora

«À vous, citoyens: ne vous découragez pas, ne faiblissez pas, retrouvez dans les racines de votre histoire l’espérance de germer à nouveau.

À vous, dirigeants politiques: pour que, selon vos responsabilités, vous trouviez des solutions urgentes et stables à la crise économique, sociale et politique actuelle, en vous rappelant qu’il n’y a pas de paix sans justice.

À vous, chers Libanais de la diaspora: pour que vous mettiez au service de votre patrie les énergies et les meilleures ressources dont vous disposez.

À vous, membres de la Communauté internationale: par un effort conjoint, que les conditions soient posées pour que le pays ne s’effondre pas, mais entame un chemin de reprise. Ce sera un bien pour tous.»  

“À vous, citoyens: ne vous découragez pas!, ne faiblissez pas courage!, retrouvez dans les racines de votre histoire l’espérance de germer à nouveau.”

La mission des chrétiens

Et le Souverain pontife de rappeler que «l’avenir ne sera pacifique que s’il est commun». En effet, la vision chrétienne de la société vient des Béatitudes, elle jaillit de la douceur et de la miséricorde, elle porte à imiter dans le monde l’agir de Dieu qui est Père et qui veut la concorde entre ses enfants, a soutenu François, évoquant la mission des chrétiens: «Être des semeurs de paix et des artisans de fraternité, ne pas vivre de rancœurs et de remords passés, ne pas fuir les responsabilités du présent, cultiver un regard d’espérance.» Tout en souhaitant que cette journée du 1er juillet soit suivie d’initiatives concrètes «sous le signe du dialogue, de l’engagement éducatif et de la solidarité».

Au-delà du voile noir de la nuit, une aube nous attend, a ensuite lancé le Pape citant le poète libanais Khalil Gibran (1883-1931).

Qu'une aube d'espérance se lève

Les jeunes «sont des lampes qui brûlent en cette heure sombre», a rappelé François. «Regardons les enfants : que leurs yeux brillants, mais remplis de trop de larmes, secouent les consciences et orientent les choix». Le Pape a aussi rendu un hommage vibrant aux femmes libanaises, en pensant à la Mère de tous qui, de la colline d’Harissa, embrasse du regard ceux qui de la Méditerranée rejoignent le pays (Notre-Dame du Liban, sanctuaire de Harissa).«Les femmes sont génératrices de vie et d’espérance pour tous; qu’elles soient respectées, valorisées et impliquées dans les processus décisionnels du Liban», a souhaité le Saint-Père.

Comme il le fait souvent, il a aussi insisté, en sortant de son texte, sur l'importance d'écouter les personnes âgées. «Qu'elles nous donnent la mystique de l'histoire, qu'elles nous donnent les fondements du pays pour le faire avancer. Elles ont la volonté de recommencer à rêver: écoutons-les, pour qu'en nous ces rêves se transforment en prophétie», a improvisé le Pape.

Paraphrasant le poète symboliste Khalil Gibran, François a aussi rappelé que pour arriver à l’aube, il n’y avait d’autre voie que la nuit. «Et dans la nuit de la crise, il faut rester unis. Que la nuit des conflits se dissipe et qu’une aube d’espérance resurgisse. Que cessent les animosités, que disparaissent les désaccords, et que le Liban recommence à rayonner la lumière de la paix», a-t-il conclu.

“Pour arriver à l’aube, il n’y a d’autre voie que la nuit”

01 juillet 2021, 19:00