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De gauche à droite: Mgr Leonardo Sapienza, le Pape François et un prêtre libanais  prient lors de l'audience générale, cour Saint-Damase du Palais apostolique, le 2 septembre 2020. De gauche à droite: Mgr Leonardo Sapienza, le Pape François et un prêtre libanais prient lors de l'audience générale, cour Saint-Damase du Palais apostolique, le 2 septembre 2020.  

Le Pape écrit une lettre d’espérance au peuple libanais

Le Saint-Père manifeste sa proximité très particulière au pays du Cèdre pour la Nativité, s’adressant aux Libanais dans une lettre, jeudi 24 décembre. L’évêque de Rome les invite à demeurer confiants, malgré la gravité des peines actuelles, encourageant à puiser dans les racines multimillénaires de cette terre, pour «porter au monde le parfum de son identité».

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Dans une missive adressée au cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des Maronites, le Saint-Père a souhaité délivrer quelques paroles de réconfort et d’encouragement «à tous les Libanais sans distinction de communauté ni d’appartenance religieuse», à l’occasion de la célébration de la Nativité du Seigneur, au terme d'une année chargées d'épreuves pour le peuple libanais.

Aux difficultés liées au contexte d'effondrement institutionnel et économique se sont en effet ajoutés deux autres facteurs de déstabilisation: la pandémie de coronavirus, qui s'est considérablement accélérée cet automne au Liban après une bonne résistance durant la première vague, et surtout l'explosion du 4 août qui a dévasté une grande partie de la capitale Beyrouth, faisant plus de 200 morts et 6500 blessés. Le traumatisme demeure vif pour de nombreux habitants des quartiers chrétiens qui n'ont pas encore pu réintégrer leur logement ni relancer leurs activités professionnelles.

«Des espérances de paix volées»

«Ma douleur est grande de voir la souffrance et l’angoisse étouffer l’esprit d’entreprise et le dynamisme du Pays du Cèdre», a d’abord confié le Pape argentin, reconnaissant combien, plus encore, il est douloureux de «se voir voler toutes les plus chères espérances de vivre en paix», et de continuer à être, pour l’histoire et pour le monde, «un message de liberté et un témoignage de bien vivre ensemble». 

Le Saint-Père qui prend la plume personnellement ce 24 décembre, affirmant prendre part de tout cœur à tant des joies et des peines de ce peuple, explique sentir «au fond de l’âme», «la gravité» de ce que ce même peuple est en train de perdre, surtout lorsqu’il pense aux jeunes, «à qui toute espérance d’un avenir meilleur est enlevée».

Le Liban brille dans la Bible

Mais en ce jour de Noël, «le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière» (Is 9, 1), «la lumière qui atténue les craintes et qui suscite en chacun l’espérance en la certitude que la Providence n’abandonnera jamais le Liban et saura transformer en bien même ce chagrin», rassure le Successeur de Pierre, rappelant que le Liban est très souvent nommé dans les Saintes Écritures, et brille par-dessus tout dans l’image poétique offerte par le psaume: «Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban» (Ps 91, 13).

«La majesté du cèdre dans la Bible est symbole de vigueur, de stabilité, de protection. Le cèdre est symbole du juste qui, enraciné dans le Seigneur, transmet beauté et bien être et qui, même dans la vieillesse, s’élève et produit des fruits abondants», assure le Saint-Père, invitant les Libanais à demeurer «confiants» en la présence et la fidélité de l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, qui se fait notre prochain, et marche à nos côtés, ces jours-ci.

«Le cèdre résiste dans la tempête»

François a ensuite appelé tous les Libanais à redécouvrir leur identité, racines et solidarité: «Comme le cèdre, puisez aux profondeurs de vos racines du vivre ensemble pour redevenir un peuple solidaire; comme le cèdre qui résiste dans la tempête, puissiez-vous tirer profit des contingences du moment présent pour redécouvrir votre identité, celle qui consiste à porter au monde entier le parfum du respect, de la cohabitation et du pluralisme, celle d’un peuple qui n’abandonne pas ses maisons ni son héritage; l’identité d’un peuple qui n’abandonne pas le rêve de ceux qui ont cru en l’avenir d’un pays beau et prospère».

L’appel pressant aux dirigeants

Dans cette perspective, le Saint-Père en appelle aux responsables politiques et aux guides religieux en empruntant un passage de la lettre pastorale du Patriarche Elias Hoyek: «Vous, les monarques, vous les responsables, vous les juges de la terre, vous les députés qui vivez au dépens du peuple […] vous êtes tous obligés, à titre officiel, de poursuivre vos efforts avec ardeur au service de l’intérêt public. Votre temps n’est pas pour vous, votre travail n’est pas pour vous mais pour l’État et pour la patrie que vous représentez».

Uni à la sollicitude constante qui a animé l’action de ses prédécesseurs et du Siège apostolique, le Pape François a fait part de toute son affection envers ce «cher peuple libanais», qu’il compte visiter dès que possible, glisse-t-il dans la lettre. Le Saint-Père qui a multiplié ces derniers mois les signes d'attention envers ce peuple a une nouvelle fois interpellé la communauté internationale.

«Aidons le Liban à rester en dehors des conflits et des tensions régionales. Aidons-le à sortir de la grave crise et à se reprendre», a exhorté le Primat d’Italie, concluant spirituellement son message adressé aux fils et filles du Liban: «Dans l’obscurité de la nuit, levez le regard, que l’étoile de Bethléem vous serve de guide et d’encouragement pour entrer dans la logique de Dieu, afin de ne pas perdre la route et ne pas perdre l’espérance».

Pour lire le texte intégral de la lettre (en italien, en anglais, en français et en arabe): Cliquer ici

24 décembre 2020, 12:00