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Le 7 novembre 2021, Daniel Ortega se représente à la présidentielle, à 75 ans, pour un quatrième mandat consécutif. Le 7 novembre 2021, Daniel Ortega se représente à la présidentielle, à 75 ans, pour un quatrième mandat consécutif.  ( Javier Ruíz y Lázaro Gutiérrez)

Nicaragua: les évêques aspirent à des élections libres et transparentes

Le 7 novembre prochain, le petit pays d’Amérique centrale, limitrophe du Honduras, se rend aux urnes pour l'élection présidentielle, dans un climat de tension marqué par des lois restrictives à l'encontre de l'opposition. Les évêques lancent un appel au respect de la démocratie.

Isabella Piro - Cité du Vatican

Les évêques du Nicaragua appellent à des élections «libres, justes et transparentes» dans une note publiée sur leur page Facebook et intitulée «Mon aide vient du Seigneur».

Le pays se prépare à l’élection présidentielle du 7 novembre dans un climat tendu, où les lois restrictives à l'encontre de l'opposition se multiplient. «Face à cette situation, chaque Nicaraguayen doit décider et agir selon la dignité intérieure et inviolable de sa conscience, librement, pour faire ce qu'il considère le plus juste et le plus commode en ce moment pour le pays», assurent les évêques dans leur message. 

Rappelant donc «qu'une démocratie authentique est le résultat de l'acceptation convaincue de certaines valeurs, telles que la dignité de chaque personne, le respect des droits de l'homme et la recherche du bien commun comme but et critère régulateur de la vie politique», la conférence épiscopale nationale réitère: «S'il n'y a pas de consensus général sur ces valeurs, le sens de la démocratie se perd et sa stabilité est compromise».

Indépendance et séparation des pouvoirs

Les évêques ont également souligné avec force que «l'institutionnalisme n'est pas secondaire dans un État démocratique et dans un État de droit, dans lequel l'exercice du pouvoir est soumis au respect illimité de la loi et est caractérisé par l'indépendance et la séparation des pouvoirs». De plus, poursuit la note des évêques, ces principes sont «des conditions fondamentales et indispensables à l'exercice d'élections libres, justes et transparentes». Les évêques se disent proches du peuple de Dieu, avec lequel ils cheminent «avec le cœur des pasteurs, en faisant l'expérience directe des situations difficiles que vivent les Nicaraguayens».

Proximité et prière pour la souffrance du peuple

«Nous voyons, ressentons et confirmons la douleur de tant de personnes», disent les évêques, exprimant leur proximité «avec les malades, les familles désintégrées par les migrations forcées, les chômeurs, les réfugiés, les exilés, les personnes privées de liberté et leurs familles».

Enfin, l’épiscopat a invité à la prière, qui «doit être intensifiée», en consacrant plus de temps à l'adoration eucharistique, à la récitation du rosaire, aux œuvres de charité et à la prière commune en famille et en communauté.

Les appels de l’Église ces derniers mois

Avec cette nouvelle note, l'Église catholique nicaraguayenne fait à nouveau entendre sa voix après plusieurs appels lancés ces derniers mois. En juillet dernier, les évêques avaient appelé au «respect de la volonté des citoyens exprimée dans des réunions libres et au respect des droits de l'homme de tous les citoyens», en particulier ceux qui sont «injustement détenus», tandis que le 11 juin, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus, ils avaient exhorté les électeurs à «choisir, en conscience, des représentants qui respectent la dignité de la personne, les droits de l'homme, la liberté, la vie de la conception à la mort naturelle, et la famille naturelle et traditionnelle, telle que Dieu l'a créée».

4,5 millions de Nicaraguayens aux urnes

Le 7 novembre, quelque 4,5 millions de Nicaraguayens seront appelés aux urnes pour élire non seulement le président de la République, mais aussi 90 députés de l'Assemblée nationale et 20 membres du Parlement centraméricain. L'actuel président, Daniel Ortega, est également en lice pour la tête de l'État, cherchant à être réélu pour la troisième fois, avec son épouse, Rosario Murillo, comme vice-présidente. Le processus électoral a été particulièrement perturbé par la promulgation de lois restrictives, l'annulation des partis d'opposition et la détention de certains de leurs dirigeants, pour lesquels l'Organisation des États américains a demandé le 20 octobre leur libération immédiate.


26 octobre 2021, 13:32