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Des personnes se rassemblent devant l'ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie Britannique. Des personnes se rassemblent devant l'ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie Britannique.  

Excuses officielles des évêques canadiens auprès des peuples autochtones

Dans le cadre de leur assemblée plénière, les évêques du Canada ont fait part de leurs excuses officielles aux peuples autochtones, dont de nombreux membres ont été victimes d’abus dans les pensionnats indiens du pays. Ils redisent leur engagement à poursuivre un processus de réconciliation. Les récentes découvertes de centaines tombes d’enfants des premières nations avait remis en lumière cette page douloureuse de l’histoire canadienne.

Dans sa déclaration publiée ce 24 septembre, l’épiscopat canadien exprime son «profond remords» et présente «des excuses sans équivoque» face à «la souffrance vécue dans les pensionnats indiens du Canada». Pendant des décennies, jusque dans les années 1990, les autorités canadiennes ont en effet mené une politique d’assimilation forcée, s'appuyant sur des établissements d'enseignement publics, les «écoles résidentielles» - dont certaines étaient gérées par l'Église catholique - où les enfants autochtones étaient privés de contact avec leurs familles et empêchés de parler leur langue maternelle.

«De nombreuses communautés religieuses et des diocèses catholiques ont servi dans ce système qui a conduit à la suppression des langues, de la culture et de la spiritualité autochtones, sans respecter la richesse de l’histoire, des traditions et de la sagesse des peuples autochtones», reconnaissent à cet égard les évêques.


Un «traumatisme historique et continu»

La découverte de 215 tombes d’enfants des premières nations fin mai sur le site de l’ancien pensionnat de Kamloops, puis celle de 750 sépultures anonymes fin juin, dans un autre ancien pensionnat géré par l’Église catholique dans le Saskatchewan, avaient suscité une onde de choc dans le pays et rouvert les blessures d’un «génocide culturel», selon les termes d’une commission d’enquête canadienne.

«Nous reconnaissons les graves abus qui ont été commis par certains membres de notre communauté catholique: physiques, psychologiques, émotionnels, spirituels, culturels et sexuels. Nous reconnaissons également avec tristesse le traumatisme historique et continu, de même que l’héritage de souffrances et de défis qui perdure encore aujourd’hui pour les peuples autochtones», écrivent les évêques dans leur déclaration.


Avancer sur un chemin «de guérison et de réconciliation»

Ils rappellent également être «pleinement engagés dans le processus de guérison et de réconciliation», notamment à travers des initiatives pastorales en cours dans plusieurs diocèses et une collecte de fonds.

Les évêques canadiens parlent ensuite de leurs engagements à venir pour cheminer avec les peuples autochtones «dans une nouvelle ère de réconciliation». Il s’agit de «prioriser les initiatives de guérison, écouter l’expérience des peuples autochtones, spécialement les survivants et survivantes des pensionnats indiens, et éduquer les membres de notre clergé, les hommes et femmes consacrés, de même que les fidèles laïcs, sur les cultures et la spiritualité autochtones. Nous nous engageons à poursuivre le travail visant à fournir les documents ou les archives qui aideront à commémorer les personnes qui sont enterrées dans des sépultures anonymes», expliquent-ils.


Rencontre avec le Saint-Père en décembre

L’épiscopat réaffirme qu’une délégation autochtone, «composée de survivants et survivantes, d’aînés, de gardiens et gardiennes du savoir, et de jeunes, rencontrera le Saint-Père à Rome en décembre 2021». Une rencontre déjà annoncée fin juin par la Conférence épiscopale canadienne. «Le pape François recevra et écoutera les participants et participantes autochtones, afin de discerner comment il peut appuyer notre désir commun de renouveler les relations et de marcher ensemble sur le chemin de l’espérance dans les années à venir. Nous nous engageons à travailler avec le Saint-Siège et nos partenaires autochtones sur la possibilité d’une visite pastorale du Pape au Canada dans le cadre de ce cheminement de guérison», annoncent aussi les évêques.

«Respectant votre résilience, votre force et votre sagesse, nous sommes impatients de vous écouter et d’apprendre de vous alors que nous marcherons en solidarité», concluent-ils en s’adressant aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits du Canada. 

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25 septembre 2021, 09:39