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Manifestation des partisans de Keiko Fujimori, à Lima au Pérou le 15 juin 2021. Manifestation des partisans de Keiko Fujimori, à Lima au Pérou le 15 juin 2021.  

Présidentielle au Pérou: l'Église propose sa médiation

Dix jours après la tenue du scrutin présidentiel, le Pérou n'a toujours pas de nouveau chef de l'État. Le candidat de gauche Pedro Castillo, en tête selon des résultats quasi-définitifs, a rejeté les appels à annuler le vote lancés par des soutiens de son adversaire de droite Keiko Fujimori. Un climat polarisé dans lequel l'Église prône l'apaisement.

Plus d’une semaine après la tenue du scrutin présidentiel au Pérou, les résultats ne sont toujours pas connus. L’écart des voix entre les deux candidats, Pedro Castillo, instituteur et syndicaliste de gauche, et Keiko Fujimori, de droite, est très ténu. Une bonne partie des votes met du temps à parvenir, car provenant de l’étranger ou des zones indigènes. Le processus est aussi ralenti par la plainte déposée par Keiko Fujimori contre Pedro Castillo pour fraude électorale présumée.

La scission du Pérou 

Dans ce contexte où les tensions persistent entre les parties, l’Église a appelé les Péruviens à l’union. «Le Pérou, comme jamais auparavant, est divisé en deux, et en ce moment nous devons tous être responsables de l’union, de la construction d’un pays qui sera certainement une seule famille», a ainsi déclaré à la radio RPP le cardinal Pedro Barreto Jimeno, archevêque de Huancayo. 

 

«La démocratie a des règles et des délais que nous devons tous respecter», a-t-il mis en garde, ajoutant que l'Église «est disponible» pour une médiation, une fois les résultats officiels annoncés.

Tranquillité et sérénité exigée

«Le Pérou mérite un climat de tranquillité et de sérénité», a-t-il souligné, appelant tous les citoyens et les partis politiques à attendre et à respecter scrupuleusement les résultats officiels. «S'interroger et parler de fraude, de coup d'État, bref de beaucoup d'autres choses, est irresponsable et nous ne pouvons l'accepter», a-t-il réitéré.

Enfin, il a ajouté que l'Église et la société civile devront accompagner le prochain président de la République de manière responsable et respectueuse.

Pour l’heure, les partisans des deux candidats manifestent quotidiennement à Lima.

Le Pérou est marqué par une forte instabilité institutionnelle à l'origine de nombreuses crises politiques ces dernières années. La dernière, en novembre 2020, a conduit le pays à avoir trois présidents en une semaine.

(Avec Fides et AFP) 

16 juin 2021, 14:25