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Des Éthiopiens fuient au Soudan voisin. Des Éthiopiens fuient au Soudan voisin. 

Éthiopie: la crise du Tigré au centre de l’assemblée des évêques

La crise actuelle en Ethiopie et le rôle prophétique que l'Eglise est appelée à jouer pour aider les victimes du conflit dans la région du Tigré ont été les principaux sujets abordés lors de la 50ème assemblée plénière de la Conférence des évêques éthiopiens (CBCE) , qui s'est tenue du 14 au 18 décembre.

Au centre des travaux de l'épiscopat, introduits par le cardinal Berhaneyesus Souraphiel, l'aide à la population, première victime des combats, a formellement pris fin le 28 novembre avec la proclamation de la victoire des forces fédérales dans la région rebelle du Tigré, rapporte le blog de l'Amecea, l'Association des conférences épiscopales d'Afrique de l'Est .

La situation humanitaire reste cependant préoccupante. Le conflit a eu des conséquences dramatiques pour les civils, dont plus de 50 000 ont trouvé refuge au Soudan voisin. Il y a une pénurie de nourriture et d'eau et les communications sont coupées. Les conditions de vie sont également difficiles pour les 100 000 Érythréens qui ont fui leur pays, et sont accueillis dans des camps de réfugiés dans la région du Tigré.

Évêques et Caritas locale

Face à cette situation, l’épiscopat éthiopien en collaboration avec la Caritas locale, a mis en place un groupe de travail spécial demandant le soutien de Caritas Internationalis et de la CIDSE, l'organisme catholique de coopération internationale pour le développement et la solidarité. Les évêques ont aussi demandé à tous les Supérieurs majeurs éthiopiens d’unir leurs forces pour aider la population.

Au cours de l’assemblée plénière, les évêques ont également adressé leurs pensées et leurs prières à l'évêque catholique, Mgr Tesfaselassie Medhin, resté isolé dans son éparchie d'Adigrat depuis le début du conflit, ainsi qu'à ses prêtres, religieux et religieuses et fidèles. 

 

Pénurie de biens essentiels

Le nonce apostolique, Mgr Antoine Camiller, a quant à lui exprimé sa solidarité, l'assurant des prières du Pape François, du cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, et de toute l'Église universelle. La seule communication récente, ténue et indirecte attribuable à Mgr Medhin est la lettre envoyée le 23 novembre à certains collaborateurs. Dans cette lettre, Mgr Medhin fait référence à la situation humanitaire difficile dans la région, où le manque de médicaments, de denrées alimentaires, de carburant et de tout bien essentiel se pérennise.

Le conflit du Tigré a explosé le 4 novembre, lorsque le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné une offensive militaire contre les autorités locales, en réponse à une attaque présumée contre la principale base militaire éthiopienne située dans la capitale du Tigré, Mekele.

Les appels du Pape François

Un conflit déjà latent en septembre, lorsque le parti au pouvoir du Tigré (Tigray People's Liberation Front - Tplf) a organisé des élections dans la région, contre l'avis du gouvernement fédéral. Immédiatement, l'Église locale a fait entendre sa voix en faveur de la paix: dans une note publiée le 4 novembre, les évêques catholiques d'Éthiopie ont exhorté les parties en conflit «à résoudre leurs différends à l'amiable, dans un esprit de respect, de compréhension et de confiance».

Ils ont été rejoints ces dernières semaines par les appels du Pape François et aussi ceux d'autres Églises du continent et du monde. Le dernier en date est celui lancé il y a un peu plus d'une semaine par le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM) qui a une fois de plus demandé aux parties de déposer les armes immédiatement. Malgré la victoire proclamée par Addis-Abeba, le Tplf a en effet déclaré sa volonté de poursuivre son combat contre les soldats fédéraux présents dans la région où des combats sporadiques continuent d’avoir lieu.

19 décembre 2020, 12:48