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Vatican News
Des réfugiés éthiopiens au Soudan, le 17 novembre 2020. Des réfugiés éthiopiens au Soudan, le 17 novembre 2020.  (ANSA)

La guerre du Tigré provoque une crise humanitaire en Afrique de l'Est

Le conflit dans la région éthiopienne du Tigré entre dans sa troisième semaine, et l’ONU a lancé l’alerte mardi face à la «crise humanitaire à grande échelle» qui menace. De premiers signes inquiètent déjà les observateurs indépendants, notamment les déplacements de population à l’intérieur du pays, et au-delà des frontières, vers le Soudan voisin.

L’afflux vers le Soudan notamment est massif: environ 36 000 Éthiopiens s’y seraient déjà réfugiés selon la Commission soudanaise des réfugiés. Depuis le 10 novembre, 4000 personnes traversent chaque jour la frontière, un nombre qui pourrait «rapidement submerger les capacités des organisations humanitaires sur le terrain», selon un porte-parole du HCR, le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés.

Les autorités soudanaises s’activent donc pour ouvrir un nouveau camp de réfugiés, et deux autres sont à l’étude. Elles s’attendent à voir arriver environ 200 000 réfugiés si la guerre se prolonge en Éthiopie.

À l’intérieur des frontières, c’est le nombre de déplacés internes qui inquiète, tout comme le sort de 100 000 réfugiés érythréens installés au Tigré. L’électricité, l’essence et l’argent liquide manquent, et la nourriture commence elle aussi à se raréfier. Le Programme Alimentaire Mondial a déjà livré un stock de 1000 tonnes de nourriture à Kassala, à l’est du Soudan. Pour l’heure, compte tenu des conditions sécuritaires et de l'état des infrastructures, toute réponse humanitaire au Tigré directement est en effet impossible.

Le Comité international de la Croix-Rouge a toutefois pu visiter des hôpitaux sur place. Le constat est sans appel: on y manque de tout, les blessés se comptent par centaines. Et tout autour, les combats continuent de faire rage.

19 novembre 2020, 12:45