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Une maison détruite dans village de Sohlan, dans le nord du Burkina Faso. Une maison détruite dans village de Sohlan, dans le nord du Burkina Faso.  

Une messe pour la paix au Burkina Faso célébrée à la basilique Saint-Pierre

Ce samedi 19 juin à 10h, le cardinal nigérian Francis Arinze a présidé à l'autel de la Chaire de saint Pierre une messe pour les victimes du terrorisme au Burkina Faso et en Afrique. Le Burkina Faso compte plus d’un million de personnes déplacées à cause des violences djihadistes et près de 1400 morts.

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«Avec cette célébration eucharistique nous voulons nous unir aux souffrances des peuples du Burkina Faso, de l’Afrique et du monde entier», a débuté le cardinal Francis Arinze, préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements. «Dans ce contexte de résurgence djihadiste en Afrique subsaharienne, des attaques répétées qui sèment la violence et la mort, la peur et l’angoisse, l’appel du Saint-Père dans l’encyclique Fratelli Tutti résonne», a continué le cardinal nigérian, faisant référence au paragraphe 283. «L'exécrable terrorisme qui menace la sécurité des personnes, à l'Est comme à l'Ouest, au Nord comme au Sud, semant la panique, la terreur et le pessimisme, n'est pas dû à la religion», «même si les terroristes l’instrumentalisent», a ajouté le prélat, «mais elle est due à l'accumulation de mauvaises interprétations des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d'injustice, d'oppression et d'arrogance ; c'est pourquoi il faut cesser de soutenir les mouvements terroristes par la fourniture d'argent, d'armes, de plans ou de justifications, ainsi que par la couverture médiatique, et considérer tout cela comme des crimes internationaux qui menacent la sécurité et la paix dans le monde. Ce terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, doit être condamné.»

Être artisan de paix 

«L’Évangile nous invite a œuvrer pour la paix, le don de la vraie paix ne vient pas sans conversion des cœurs, celui de chacun d’entre nous, celui des terroristes», a continué dans son homélie le préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements. «Qui connait Dieu ne peut pas se permettre de détruire une vie humaine». Citant l’Évangile selon Jean, «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix», le cardinal Arinze a invité à devenir des artisans de paix, mais cela «peut vraiment être difficile devant de telles situations de violences, d’oppression et de misère», a-t-il concédé.

Pour conclure son homélie, le cardinal nigérian a invité à prier pour la paix et la justice au Burkina Faso, dans toute l’Afrique et dans le monde entier: «prions pour le repos éternel des personnes assassinées».

Spirale de violences

Cette messe pour les victimes des violences djihadistes survient après la terrible attaque de Sohlan dans le nord du pays au début du mois de juin, dans laquelle près de 160 personnes ont été tuées. Il s’agit de la plus meurtrière depuis le début des violences jihadistes en 2015.

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des violences, les forces armées ont lancé une opération d'envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l'annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1400 morts et plus d'un million de personnes déplacées, fuyant les zones de violences.

«Je désire assurer de ma prière les victimes du massacre survenu la nuit de vendredi à samedi dans un village du Burkina Faso», avait déclaré le Pape François lors de la prière de l’angélus du 6 juin, assurant de sa proximité les proches des victimes et pour «l'entier peuple burkinabè qui est en train de beaucoup souffrir à cause de ces attaques répétées. L'Afrique a besoin de paix et non de violence».

19 juin 2021, 12:15