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Un soldat burkinabè surveille un camp de déplacés, le 3 février 2020 Un soldat burkinabè surveille un camp de déplacés, le 3 février 2020  (AFP or licensors)

Consternation et impuissance au Burkina Faso après une attaque terroriste

160 personnes ont été tuées par des djihadistes présumés au Burkina Faso ce weekend, dans le village de Solhan, dans le diocèse de Dori. L’évêque des lieux, Mgr Dabiré, exprime sa consternation face à l’attaque la plus meurtrière dans ce pays du Sahel depuis 2015 et le début de l’offensive terroriste.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Une grande consternation devant ce massacre»: ce sont les premiers mots de Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori et président de la conférence épiscopale du Burkina-Niger concernant l’attaque menée dans la nuit de vendredi à samedi dernier à Sohlan, petit village de la province du Yagha, au nord-est du Burkina Faso. Selon un dernier bilan confirmé par les autorités locales, 160 hommes, femmes et enfants ont été tués et enterrés par les habitants eux-mêmes dans trois fosses communes. Depuis le début de la vague terroriste dans le pays en 2015, c’est l’attaque la plus meurtrière.

Les habitants exécutés

Ce sont les prêtres en poste dans la paroisse de Sebba, localité proche de Sohlan qui ont averti Mgr Dabiré. Ils ont recueilli le témoignage d’un survivant qui est parvenu à s’enfuir et à donner l’alerte. «Au petit matin, jusqu’à 6h, des hommes armés ont envahi la localité. Ils ont tiré des coups en l’air, avant de passer de maison en maison parce que les gens étaient encore au lit. Ils les ont exécutés purement et simplement. Ils ont ensuite brûlé le marché, les maisons, les boutiques, des véhicules, des camions, des moyens de transport qui étaient stationnés dehors», relate l’évêque.

 

Comme à chaque fois dans ce genre de cas, aucune revendication n’a été faite. Les autorités et l’armée n’ont donné aucune indication particulière sur les auteurs de ce massacre. Sur les raisons d’une telle violence, là encore aucune certitude. «C’est peut-être des représailles», avance Mgr Dabiré. À Solhan, «il y a les Volontaires pour la défense de la patrie (une milice citoyenne mise en place en 2020 par le gouvernement NDLR). Est-ce que leur présence ou le fait que ce village aiderait des jeunes qui sont entrés dans ce corps de supplétifs de l’armée, a provoqué cette réaction des terroristes?», s'interroge l'évêque burkinabè. Impossible de le dire pour le moment.

Un sentiment d’impuissance

Les habitants de cette région frontalière avec le Niger ont ressenti «un grand émoi» et éprouvé «un sentiment d’impuissance» confie l’évêque de Dori. «On aimerait bien faire quelque chose, mais quoi?» poursuit-il, reconnaissant que «l’on est face à un ennemi invisible, inconnu et très armé». La population compte beaucoup sur l’efficacité du dispositif mis en place par l’armée pour combattre les groupes djihadistes.

Dans ce contexte tragique, Mgr Dabiré envoie un message d’espoir à ses diocésains et à l’ensemble des populations du Sahel, tous concernés par ces attaques terroristes, en leur disant de «ne pas perdre confiance en la vie, de garder fermement la foi dans l’espérance, de rester solidaires pour faire face à cette violence qui nous tombe dessus, afin d’explorer toutes les solutions, y compris le dialogue. C’est, je crois, la seule manière de pouvoir s’en sortir un jour».

Les mots du Pape François, dimanche lors de l’angélus, au lendemain de l’attaque, ont été d’un grand réconfort pour Mgr Dabiré qui est très reconnaissant au Saint-Père pour avoir évoqué le sort de son pays et de son diocèse.

07 juin 2021, 11:45