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Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture. 

Cardinal Ravasi : combattre le racisme au nom de notre commune humanité

"Le racisme, les femmes et l'Église catholique": c’était le thème du webinaire organisé aujourd'hui par l'Université Lumsa, le Conseil des femmes du Conseil pontifical pour la culture et les ambassadeurs auprès du Saint-Siège.

Isabella Piro - Cité du Vatican

«Nous ne pouvons tolérer le racisme sous quelque forme que ce soit et en même temps prétendre défendre le caractère sacré de toute vie humaine» : c'est ce qu'a déclaré le Pape François lors de l'audience générale du 3 juin, alors que les manifestations explosaient aux États-Unis après la mort de George Floyd.

Ces paroles du Souverain Pontife ont été rappelées par le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture, qui a ouvert cet après-midi le webinaire sur le thème du racisme, des femmes et de l'Église catholique. «La lutte contre le racisme ne présuppose pas l'uniformité, mais la multiplicité dans l'unité», a déclaré le cardinal, citant alors l'Ancien Testament. Il a rapporté en effet le mot "adamah", traduit plus tard par "Adam", qui en hébreu a le sens d'"humanité". Cela implique, a rappelé le cardinal Ravasi, que «nous sommes tous Adam», nous faisons tous partie de l'humanité. De même, l'apôtre saint Paul, dans la Lettre aux Galates et la Lettre aux Colossiens, affirme qu'il n'y a «ni esclave ni homme libre, ni barbare ni étranger», car «nous sommes tous un dans le Christ».

Le cardinal Ravasi a également abordé la question de sens de la relation humaine: «Le racisme est la négation de la relation, c'est une forme de négationnisme social et spirituel» de la diversité de l'autre, a-t-il expliqué. Affirmer la nécessité d'aller vers l'autre et, en même temps, reconnaître la différence de l'autre sont donc deux actions fondamentales pour combattre les préjugés raciaux. Le discours du cardinal a été repris par Consuelo Corradi, présidente du Conseil des femmes de ce même dicastère, qui a souligné que le racisme est aujourd'hui «une urgence sociale très grave qui continue à ne pas être résolue» et qui est présente «tous les jours» dans de nombreux pays.

L'importance du facteur éducatif

Un temps a ensuite été dédié aux témoignages, comme celui de Sœur Rita Mboshu Kongo, théologienne congolaise et professeur à l'Université Pontificale Urbanienne, qui a souligné l'importance du facteur éducatif comme outil de lutte contre le racisme. L'école et la famille, a-t-elle expliqué, sont les principaux lieux où l'on peut comprendre, dès le début, à quel point la discrimination, en particulier la discrimination féminine, est mauvaise. Sœur Rita a raconté son expérience personnelle: fille aînée de sa famille, elle a été poussée par son père à surmonter les préjugés, tels que ceux qui empêchent les femmes de manger du porc.

«Le racisme doit être combattu par la formation des consciences», a déclaré Sœur Rita, suggérant également que l’Église aide les femmes à étudier pour élargir leurs connaissances sur ce thème, notamment les religieuses, «afin qu'elles puissent avoir un bagage adéquat pour l'apostolat qui leur est demandé». Miroslava Rosas Vargas, ambassadrice de la République du Panama auprès du Saint-Siège a eu ces mots d’une grande force spirituelle: «Les préjugés raciaux sont un blasphème contre le Créateur, c'est un péché qui va à l'encontre du message du Christ et il faut s'attaquer à sa racine», a-t-elle martelé.

Le lien entre racisme et sexisme

Le webinaire était animé par Silvia Cataldi, sociologue à l'Université de La Sapienza à Rome, qui a souligné que le terme «race» est utilisé de manière trop désinvolte aujourd'hui, même s'il a été remis en question par la communauté scientifique. La science a en effet montré que les différences génétiques entre les individus sont plus importantes que les différences raciales entre les groupes de personnes.

Malheureusement, a ajouté la sociologue, il y a encore à notre époque contemporaine des génocides et des actes de violence perpétrés à cause de doctrines racistes. De plus, le racisme est souvent lié au sexisme: les deux termes vont de pair car ils reposent sur le même mécanisme, c'est-à-dire qu'ils généralisent un certain groupe de personnes, pour finir par les classer, de manière générique, dans un seul ensemble.

L'encyclique Fratelli tutti du pape François, a conclu Silvia Cataldi, répond à cette tendance erronée : en effet, elle rappelle que «le racisme est un virus qui change facilement et qui, au lieu de disparaître, est toujours tapi». Mais contre ce préjugé, nous pouvons répondre avec la fraternité, car - tous les intervenants du webinaire l'ont dit d'une seule voix – «nous sommes tous frères et sœurs, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu».

23 novembre 2020, 19:14