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Un scientifique examine des cellules contaminées à la Covid-19, Saint-Pétersbourg (Russie) en mai 2020 Un scientifique examine des cellules contaminées à la Covid-19, Saint-Pétersbourg (Russie) en mai 2020 

Face au coronavirus, l'urgence de réduire les dépenses d'armement

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mardi 7 juillet en Salle de Presse du Saint-Siège, des membres de la Commission vaticane pour la Covid-19 ont plaidé pour que les dépenses d’armement soient converties en dépenses de santé afin d’endiguer les effets de la pandémie de coronavirus.

Alessandro Guarasci - Cité du Vatican

En 2019, les investissements militaires ont atteint un niveau record de 1,9 trillion de dollars US, soit 300 fois le budget de l’OMS. C'est ce qu'a relevé ce matin la Commission vaticane pour la Covid-19, qui tenait une conférence de presse intitulée “Préparer l'avenir, construire la paix au temps de la Covid-19”.

Une croissance sans précédent des dépenses d'armement

Pour le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le Service du Développement humain intégral et président de cette commission, il est nécessaire de mondialiser la solidarité, car malgré la crise du coronavirus, les dépenses pour les armes continuent. «Alors qu'aujourd'hui des sommes sans précédent sont allouées aux dépenses militaires -y compris les plus grands programmes de modernisation nucléaire-, les malades, les pauvres, les marginaux et les victimes de conflits sont touchés de manière disproportionnée par la crise actuelle», a-t-il expliqué. «Jusqu'à présent, les crises interconnectées -sanitaires, socio-économiques et écologiques - creusent le fossé non seulement entre les riches et les pauvres, mais aussi entre les zones de paix, de prospérité et de justice environnementale et les zones de conflit, de privation et de dévastation écologique. Il ne peut y avoir de guérison sans paix», a déclaré le prélat.

Réduire les conflits pour réduire l'injustice

Pour le cardinal Turkson, «la réduction des conflits est la seule façon de réduire l'injustice et l'inégalité. La violence armée, les conflits et la pauvreté sont en effet liés dans un cycle qui entrave la paix, favorise les violations des droits de l'Homme et freine le développement». La récente approbation par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un cessez-le-feu mondial est positive, a toutefois noté le prélat, tout comme l'approbation par 170 pays de l'appel de l'ONU à faire taire les armes. «La solidarité, en temps de crise, est le nouveau nom de la paix», a-t-il conclu.

Les citoyens veulent un État qui investit dans le bien commun

Pour sœur Alessandra Smerilli, salésienne de Don Bosco, économiste, et coordinatrice de la Task Force économie de la Commission vaticane pour la Covid-19, les systèmes de santé doivent être renforcés, notamment en reconvertissant les entreprises qui produisent des armes. «Nous devons nous protéger contre les maladies transmissibles et nous devons investir dans la prévention: la Covid-19 a révélé l'insuffisance du financement du traitement des maladies transmissibles au cœur de nombreux systèmes de santé», a-t-elle expliqué. «Le Pape François nous a demandé des solutions créatives. Nous posons donc les questions suivantes: et si, au lieu de mener la course aux armements, nous faisions la course à la sécurité alimentaire, à la santé et au travail? Que demandent les citoyens en ce moment? Ont-ils besoin d'un État militairement fort, ou d'un État qui investit dans les biens communs?». Pendant la première phase de la pandémie en Italie, certaines entreprises qui produisaient initialement des armes ont commencé à produire des ventilateurs pulmonaires, sœur Alessandra Smerilli a donc suggéré que ce procédé soit pérennisé.

Un nouveau contrôle des armes est nécessaire

À ce jour, les dépenses militaires dépassent largement celles de la Guerre froide. «Les fournitures médicales, la sécurité alimentaire et la relance économique axée sur la justice sociale et l'économie verte nécessitent des ressources qui peuvent être détournées du secteur militaire dans le contexte d'un contrôle des armes renouvelé», a déclaré Alessio Pecorario, coordinateur de la Task Force sécurité de la Commission vaticane pour la Covid-19, et official du dicastère pour le Service du Développement humain intégral. «La sécurité alimentaire occupe la première place, et elle est fondamentale pour la sécurité internationale», a-t-il souligné.

07 juillet 2020, 15:47