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Pape François: la paix se construit tous ensemble

Lors de la rencontre de prière pour la paix à Rome, le Pape François a rappelé les progrès accomplis dans le dialogue interreligieux et l'engagement commun en faveur de la paix. Cet objectif ne pourra pas être atteint seul comme l'a montré la pandémie. «Nous naviguons tous sur le même bateau», a déclaré le Saint-Père, en présence notamment de représentants musulman, juif, chrétien et bouddhiste.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Après avoir prié avec les représentants des autres confessions chrétiennes, le Pape François est descendu de la basilique Sainte-Marie-in-Aracoeli, sur la colline du Capitole à Rome, pour se rendre sur la place du Capitole. Il y a retrouvé les autres représentants religieux, ainsi que le président de la République italienne, Sergio Mattarella.

 

Chacun a pris la parole: le Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, le rabbin français, Haïm Korsia, Mohammed Abdelsalam Abdellatif, secrétaire général du Comité supérieur de la Fraternité humaine, qui a adressé un message du grand imam d'Al Azhar, ainsi que Shoten Minegishi, représentant les bouddhistes.

Progrès du dialogue interreligieux

Dans son discours, le Pape a voulu souligner «les progrès fructueux dans le dialogue entre les religions», preuve en est le Document sur la Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé avec le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed-al-Tayyeb, en 2019. Pour le Pape François, c'est la preuve que «les croyants ont compris que la diversité de religion ne justifie pas l’indifférence ou l’inimitié. Mieux, à partir de la foi religieuse nous pouvons devenir des artisans de paix et non des spectateurs inertes du mal de la guerre et de la haine. Les religions sont au service de la paix et de la fraternité.»

Cette rencontre, estime le Saint-Père, «pousse les leaders religieux et tous les croyants à prier avec insistance pour la paix, à ne jamais se résigner à la guerre, à agir avec la douce force de la foi pour mettre fin aux conflits». Car «il y a un besoin de paix». Il faut éviter avant tout de s'habituer «au mal de la guerre».

Agir de concert pour la paix

«Mettre fin à la guerre est un devoir urgent de tous les responsables politiques devant Dieu. La paix est la priorité de toute politique. Dieu demandera compte à celui qui n’a pas cherché la paix ou a attisé les tensions et les conflits de tous les jours, les mois, les années de guerre qui ont frappé les peuples!» s'est exclamé François.

Mais «aucun peuple, aucun groupe social ne pourra atteindre tout seul la paix, le bien, la sécurité et le bonheur», a-t-il mis en garde. Et la pandémie de covid-19 le prouve: «La leçon de la récente pandémie, si nous voulons être honnêtes, est “la conscience que nous constituons une communauté mondiale qui navigue dans le même bateau”». «La fraternité, qui jaillit de la conscience d’être une unique humanité, doit pénétrer dans la vie des peuples, dans les communautés, parmi les gouvernants, dans les enceintes internationales», a poursuivi l'évêque de Rome. 

Dans ce contexte, les religions «démentent ceux qui sacralisent la violence, demandent à tous de prier pour la réconciliation et d’agir afin que la fraternité ouvre de nouveaux chemins d’espérance».

Le grand imam d'Al Azhar évoque l'assassinat de Samuel Paty

Avant lui, Mohammed Abdelsalam Abdellatif a lu le message adressé par le grand imam d'Al Azhar, Ahmed al-Tayeb. Pour ce dernier, «le temps est venu pour nous d'adopter une nouvelle forme de mondialisation basée sur la fraternité humaine qui traite tous les êtres humains comme égaux en droits et en devoirs et renforce la coexistence sociale». «Ce n'est qu'en adoptant la fraternité humaine que notre capacité à survivre aux désastres et aux pandémies sera plus grande et que nous serons davantage capables de surmonter diverses crises» a-t-il écrit.

Il a également ajouté une déclaration en référence à l'assassinat en France la semaine dernière de Samuel Paty, un professeur. En tant que grand imam d'Al Azhar, il tient à se dissocier, ainsi que les lois de la religion musulmane, et les enseignements du prophète Mahomet, «d'un tel acte criminel haineux et de quiconque embrasserait cette pensée si déviante et fausse». «En même temps, a ajouté le grand imam dans son message, je souligne que le fait d'insulter les religions et d'abuser de symboles religieux sacrés sous la bannière de la liberté d'expression sont des formes de double langage intellectuel et une invitation ouverte à la haine.» «Ce terroriste ne parle pas plus au nom de la religion du Prophète Mahomet que le terroriste qui a tué des musulmans à la mosquée en Nouvelle-Zélande ne parlait au nom de la religion de Jésus», a-t-il précisé.

Cet assassinat en France a également été évoqué par Haïm Korsia, grand-rabbin de France, qui a rendu hommage au professeur assassiné. Il a souligné dans son intervention que «notre modèle de société est celui de Joseph qui nous pousse à bâtir un lien fraternel avec les femmes et les hommes que nous rencontrons, avec les femmes et les hommes qui nous poussent à espérer encore et encore dans une humanité à reconstruire»

20 octobre 2020, 18:40