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Angélus: le Pape remercie les prêtres pour leur créativité et leur zèle apostolique

Lors de l’Angélus de ce dimanche 15 mars, le Saint-Père a encouragé les prêtres qui gardent le souci de leur troupeau en cette période de pandémie. Commentant ensuite le dialogue entre Jésus et la samaritaine au puits de Jacob, François est revenu sur le «mystère de l’eau vive» qui se révèle dans cette page d’Évangile.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Alors que l’épidémie de Covid-19 continue inexorablement son avancée, la récitation de l’angélus de ce 3e dimanche de Carême s’est pour la seconde fois déroulée depuis la Bibliothèque du Palais apostolique, sans pèlerins et retransmise en direct vidéo.

La gratitude du Saint-Père

Avant de parler de l’Évangile du jour, le Saint-Père a adressé un message à destination du diocèse de Milan, la Lombardie étant durement frappée par le coronavirus, ainsi que pour tous les prêtres. François a mentionné l’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, qui a célébré la messe dans la Polyclinique de la ville ce matin, pour tous les malades, les médecins, les infirmiers et les volontaires. Un archevêque «proche de son peuple et aussi proche de Dieu dans la prière», a expliqué François, évoquant aussi Mgr Delpini priant sur la Vierge Marie sur le toit de l’imposante cathédrale de Milan, il y a quelques jours.

Le Pape a ensuite remercié «tous les prêtres», qui font preuve de «créativité» en ce temps d’épreuve, en particulier en Lombardie, région italienne touchée en premier par les mesures de prévention du gouvernement. «Des prêtres qui pensent à mille moyens d’être proches de leur peuple pour que le peuple ne se sente pas abandonné, des prêtres avec le zèle apostolique», a souligné François. «Merci beaucoup à vous, les prêtres».

Le Saint-Père a ensuite commenté l’Évangile du jour, le célèbre épisode de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine à Sychar, rapportée par saint Jean (Jn 4, 5-42). Un dialogue inattendu, «cassant toute barrière», puisque, comme l’a rappelé François, les Samaritains «étaient considérés comme des hérétiques par les Juifs, et très méprisés». Jésus ose toutefois révéler «à cette femme le mystère de l’eau vive, c’est-à-dire de l’Esprit-Saint, don de Dieu».

La signification de l’eau

L’eau, élément central de ce texte, est aussi le «symbole de la grâce divine, qui donne la vie éternelle». Dans la tradition biblique, a précisé le Pape, «Dieu est la source de l’eau vive: s’éloigner de Lui […] et de sa Loi entraîne la pire des sécheresses». Lors de la longue marche du peuple d’Israël dans le désert, Moïse fait jaillir l’eau du rocher, symbole de la Providence d’un Dieu qui n’abandonne jamais les siens.

Saint Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, interprète ce roc comme le Christ lui-même. Il est le Temple duquel «jaillit l’Esprit-Saint, autrement dit l’eau qui purifie et donne la vie», a expliqué le Saint-Père. «Qui a soif de salut peut puiser gratuitement en Jésus, et l’Esprit Saint deviendra en lui ou en elle une source de vie pleine et éternelle», a poursuivi François. Cette promesse se réalise sur la Croix. Du côté transpercé de Jésus s’écoulent «du sang et de l’eau» (Jn 19, 34). L’Agneau «immolé et ressuscité» est «la source dont jaillit l’Esprit Saint, qui remet les péchés et régénère à la vie nouvelle».

Témoins d’espérance

Ce don, a ensuite souligné le Pape, «est aussi la source du témoignage». À l’instar de la femme de Samarie, «quiconque rencontre personnellement Jésus vivant ressent le besoin de le raconter aux autres», afin que tous reconnaissent en Lui le Sauveur. Par l’eau du baptême, «nous sommes appelés à témoigner de la vie et de l’espérance qui sont en nous», et si en Jésus-Christ, notre soif est enfin étanchée, «nous manifesterons que le salut n’est pas dans les “choses” de ce monde, qui finalement provoquent la sécheresse, mais en Celui qui nous a aimés et qui nous aime pour toujours», a ajouté François.

«Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à cultiver le désir du Christ, source d’eau vive, l’unique qui puisse rassasier la soif de vie et d’amour que nous portons dans notre cœur», a-t-il conclu.

15 mars 2020, 12:39