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Le Pape lors de la visite au lycée romain "Pilo Albertelli" Le Pape lors de la visite au lycée romain "Pilo Albertelli"  (Vatican Media)

François, en dialogue avec les élèves d'un lycée, se confie

Le Pape François a offert un beau cadeau de Noël aux 800 élèves du Lycée d'Etat "Pilo Albertelli" de Rome en les rencontrant vendredi dans leur établissement. Sept de leurs questions ont donné au Pape l'occasion de parler de la solitude, des sentiments, de l'amour gratuit, mais aussi de l'immigration, de dialogue et de paix.

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C'est une jeune fille qui posa la première question au Pape, lui demandant ce qu'il pense de la solitude que les jeunes rencontrent souvent pendant leur adolescence et s'il se sent seul lui aussi. Le Pape, en répondant par la négative, a tenu à faire la distinction entre la bonne et la mauvaise solitude, soulignant combien il était important d'avoir des moments dans la vie où l'on est seul, devant sa conscience.

Répondant à une deuxième question, relative au fait que dans tout bon geste envers les autres, il y a toujours un désir de récompense, le Pape a reconnu la difficulté : «il est très difficile de s'engager sur la voie de la gratuité, de faire des gestes gratuits. La seule façon de les faire est celle de l'amour. Mais ceux qui aiment ne cherchent pas leur propre intérêt. Parce qu'en amour, c'est la récompense, le fait d'aimer. Et l'amour est un grand mot. Je dirai que la plus grande chose que nous puissions faire est d'aimer».

«Même dans l'histoire - a-t-il poursuivi - nous avons vu quelqu'un donner sa vie pour l'autre». «Il faut du travail pour y arriver, il faut de la maturité» et puis «le chemin de l'amour est difficile car il nous demande de faire beaucoup d'élagage des mauvaises attitudes».

Être ensemble entre des personnes de différents milieux et croyances

La troisième question concernait l'impact de la diversité, en commençant par la rencontre avec des personnes d'autres croyances religieuses. François a répondu en racontant son expérience en Argentine, où depuis son enfance il s'est retrouvé avec des jeunes d'autres nationalités et religions : «il y a un mélange de sang, un fort métissage en Argentine - je suis le fils d'un migrant - et cela a fait une culture du vivre ensemble. Je suis allé à l'école publique et nous avons toujours eu des compagnons d'autres religions. Nous avons été éduqués pour vivre ensemble.»

«Cela m'a tellement appris que nous sommes tous les mêmes, tous les enfants de Dieu et cela purifie votre regard, le rend humain», a-t-il dit. L'important est d'être cohérent avec sa foi.

Non au prosélytisme, oui au témoignage

Cette question est liée à une autre : que dire à un athée qui a demandé une raison pour commencer à croire ? La dernière chose à faire «est d'essayer de le convaincre» avec des mots, a répondu le Pape. C'est le témoignage qui éveille l'intérêt de l'autre : «le prosélytisme ne se fait pas, l'Église ne naît pas du prosélytisme. Le Pape Benoît l'a dit, il grandit par attraction, par témoignage. Le prosélytisme est fait par les équipes de football, cela peut être fait, les partis politiques, cela peut être fait là, mais avec la foi pas de prosélytisme. Et si quelqu'un me dit : "Mais pourquoi toi ?". Lire, lire, lire l'Evangile, c'est ma foi. Mais sans pression.»

C'est important de rêver et aussi de savoir jouer

Les élèves ont demandé au Pape qu’elle était sa dernière pensée le soir et combien le rêve et le jeu comptent pour lui. François a ainsi confié comment, avant de s'endormir, il prenait quelques minutes pour faire le point sur sa journée, sur les bons et les moins bons sentiments qu'il a éprouvés devant les gens et les circonstances. Regarder ce qui s'est passé à l'intérieur de lui-même, regarder ses propres sentiments, observer, est très important. «Pour être maître des sentiments. Non pas pour les gérer, mais pour savoir ce qu'ils signifient et quel message ils me laissent». Il est important de savoir jouer et de connaître ses rêves : «C'est triste pour une personne qui ne peut pas rêver quand elle est éveillée, elle ne peut pas avoir de rêves. Mais c'est une bonne chose de savoir rêver. Les rêves sont concrets, les rêves vous font regarder l'horizon, ils ouvrent un peu votre vie, ils apportent de l'oxygène à votre âme. Capacité à rêver: ne perdez pas ça, ne la perdez pas.»

Un vrai maître est un don de la vie

Quand on lui a demandé combien il est important d'avoir de vrais maîtres, il a répondu que «trouver un maître de la vie est l'une des plus belles choses». Et en citant son père Miguel Fiorito qui fut son professeur, François poursuit : «Dieu merci, j'en avais un qui m'a beaucoup aidé et j'ai donné un témoignage il y a quelques jours sur cette personne, mais c'est un cadeau d'avoir un enseignant. Vous ne pouvez pas faire une annonce dans la presse : je cherche un professeur... Non, c'est un cadeau. Il arrive. C'est comme l'amour, ça vient. Et le fait d’être disciple vient aussi. C'est un don de la vie.»

21 décembre 2019, 15:56