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Le Pape François, lors de la Sainte Messe sur la place Alexandre 1er à Sofia en Bulgarie, le 5 mai 2019. Le Pape François, lors de la Sainte Messe sur la place Alexandre 1er à Sofia en Bulgarie, le 5 mai 2019.   (AFP or licensors)

Homélie du Pape en Bulgarie: «Dieu appelle, Dieu surprend, Dieu aime»

Sur la place du Prince Alexandre 1er, au centre de Sofia, la capitale de la Bulgarie, le Pape François a lors de son homélie insisté sur trois réalités qui marquent la vie du disciple: Dieu appelle, Dieu surprend, Dieu aime.

17 ans après Jean-Paul II, le Pape François foule le sol bulgare. Il a poursuivi son 29e voyage apostolique en présidant une messe sur la plus grande place de la capitale, au cours de laquelle il est revenu sur trois attitudes de Dieu qui marquent la vie du disciple: Dieu appelle, Dieu surprend, Dieu aime.

Dieu appelle 

François a relaté l’épisode sur la rive du lac de Galilée, là où Jésus avait appelé Pierre. Après avoir abandonné sa vie de pêcheur et malgré l’annonce de la Résurrection, Pierre a finalement fait le choix de retourner à sa vie d’avant. Accompagné des autres disciples, Pierre reprend en main les filets auxquels il avait renoncé pour Jésus, mais restait dans leurs coeurs le poids de la souffrance et de la déception, de n’avoir pas cru en la bonne nouvelle de la Résurrection. «Le Seigneur sait combien est forte pour nous la tentation de retourner aux choses d’avant», a expliqué le Saint-Père, dissertant sur cette nostalgie du passé. «Devant l’expérience de l’échec, de la douleur, voire du fait que les choses ne se déroulent pas comme on l’espérait, apparaît toujours une subtile et dangereuse tentation qui invite au découragement et à baisser les bras». Une psychologie du sépulcre qui nous fait «nous attacher à une tristesse doucereuse qui, comme une mite, ronge toute espérance.» Ici se trouve, selon le Saint-Père, la plus grande menace qui peut s’enraciner au sein d’une communauté: «Le pragmatisme gris de la vie dans lequel tout se passe apparemment bien dans la normalité, mais, en réalité, la foi s’épuise et dégénère en mesquinerie».

Heureusement, a poursuivi François, dans l’échec de Pierre, Jésus est arrivé et a recommencé depuis le début et avec patience, l'appelant du nom de son premier appel «Simon». Ainsi, «le Seigneur n’attend pas des situations ou des états d’âme idéaux, il les crée». Jésus, chaque jour, nous appelle à revivre notre histoire d’amour avec lui: «Tous les matins, il nous cherche là où nous sommes et il nous invite “à nous lever, à nous redresser sur sa Parole, à regarder vers le haut et à croire que nous sommes faits pour le Ciel, non pas pour la terre ; pour les hauteurs de la vie, non pas pour les bassesses de la mort”, et il nous invite à ne pas chercher “parmi les morts Celui qui est vivant”», a expliqué le Pape en reprenant les termes employés dans son homélie de la Veillée Pascale, prononcée le 20 avril dernier.

Dieu surprend

Deuxième dimension essentielle sur laquelle est revenu le Saint-Père devant la foule de fidèles: Dieu surprend. En effet, le Seigneur a surpris en proposant aux disciples, encombrés de leurs filets vides, de pêcher en plein jour. Il a de cette façon redonné confiance aux disciples en les poussant à ne considérer rien ni personne, comme perdu. «Il est le Seigneur de la surprise qui brise les fermetures paralysantes en restituant l’audace capable de surmonter la suspicion, la méfiance et la crainte qui se cachent derrière le “on a toujours fait comme cela”». Quand Dieu invite à jeter les filets sur le lac, il invite également tout un chacun à se jeter au large de l’histoire et à regarder la vie, à regarder les autres et soi-même, avec les yeux du Seigneur.

Dieu aime

Ce qui amène naturellement à la troisième certitude: si Dieu appelle et surprend, c’est parce que Dieu aime. «L’amour est son langage», a clamé François. Après avoir passé du temps avec Jésus, Pierre comprend qu’aimer veut dire «arrêter d’être au centre». Désormais Pierre se reconnaît fragile et comprend qu’il a besoin de la force et de l’amour du Seigneur pour avancer. «Ceci est notre force que nous sommes invités chaque jour à renouveler : le Seigneur nous aime. Être chrétien est un appel à avoir confiance dans le fait que l’Amour de Dieu est plus grand que toute limite ou tout péché».

Un message pour les jeunes

Le miracle de Dieu fait ainsi de nos vies des «oeuvres d’art, si nous nous laissons guider par son amour». Le Souverain Pontife a invité les fidèles à regarder et à découvrir ce que le Seigneur a fait dans le passé pour se projeter avec Lui vers l’avenir, «en sachant que, dans le succès et dans les erreurs, il reviendra toujours nous appeler pour nous inviter à jeter les filets». Un passage cher au Saint-Père, qu’il tire de l’Exhortation qu’il a récemment écrite aux jeunes: «Une Église jeune, une personne jeune, non par l’âge mais par la force de l’Esprit, nous invite à témoigner de l’amour du Christ, un amour qui presse et qui nous conduit à être prêts à lutter pour le bien commun, serviteurs des pauvres, protagonistes de la révolution de la charité et du service, capables de résister aux pathologies de l’individualisme consumériste et superficiel». N’ayons pas peur d’être les saints dont cette terre a besoin, a conclu le Saint-Père, «une sainteté qui ne vous enlèvera pas la force, la vie ou la joie ; mais, bien au contraire, parce que vous et les fils de cette terre, vous arriverez à être ce dont le Père a rêvé quand il vous a créés» (citation de l'Exhortation apostolique Gaudete et exsultate, paragraphe 32).

L'intégralité de l'homélie du Pape François.

05 mai 2019, 15:42