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Le Pape a ouvert le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel par une messe présidée sur la place Saint-Pierre, le 3 octobre 2018. Le Pape a ouvert le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel par une messe présidée sur la place Saint-Pierre, le 3 octobre 2018.  (Vatican Media )

Messe inaugurale du Synode: «Oindre les jeunes des dons de prophétie et de vision»

Le Pape François a présidé place Saint-Pierre de Rome la messe inaugurale du Synode des évêques pour les jeunes, mercredi 3 octobre 2018. Une messe sous le signe des dons «de l’espérance, du rêve, de la prophétie et de la vision».

Delphine Allaire - Cité du Vatican

Pour ouvrir solennellement ces trois semaines et demie de Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, le Pape François a insisté auprès des pères synodaux lors de la messe inaugurale sur leur capacité à rêver et espérer.

La force des rêves et espérances

«Parce que nous savons que nos jeunes seront capables de prophétie et de vision dans la mesure où, désormais adultes ou âgés, nous sommes capables de rêver et ainsi de rendre contagieux et de partager les rêves et les espérances que nous portons dans notre cœur (cf. Jl 3, 1)», leur a-t-il lancé, les invitant ainsi à leur tour à oindre les jeunes des dons «de prophétie et de vision».

Les pères synodaux, mémoire active et vivante

Le Pape François qui a invoqué l’Esprit Saint pour qu’il donne aux 267 pères synodaux du monde entier la grâce d’être «une mémoire active, vivante, efficace, qui de génération en génération ne se laisse pas étouffer ni écraser par des prophètes de calamités et de malheur, ni par nos limites, erreurs et péchés», mais capable «de trouver des espaces pour enflammer le cœur et discerner les chemins de l’Esprit» durant cet événement ecclésial d’ampleur qui se clôturera le 28 octobre prochain. 

  Le Pape a également souhaité la bienvenue aux deux évêques de Chine continentale conviés dans le prolongement de l’accord provisoire signé entre la Chine et le Saint-Siège le 22 septembre dernier.

L’espérance qui rompt le conformisme

Ainsi cette espérance soulignée fortement par le Saint-Père a trois qualités. Elle nous «déplace et rompt» avec le conformisme du «nous avons toujours fait ainsi», et demande «de regarder directement le visage des jeunes et les situations dans lesquelles ils se trouvent», explique-t-il. «Il s’agit de la même espérance qui nous demande de travailler pour renverser les situations de précarité, d’exclusion et de violence, auxquelles sont exposés nos enfants».

Des jeunes exigeants vis-à-vis de l’Église

Les jeunes catholiques du monde entier et ceux qui les représentent lors du synode au nombre de 36 demandent et exigent «un dévouement créatif, une dynamique intelligente», mais aussi «que nous ne les laissions pas seuls aux mains de tant de marchands de mort qui oppriment leur vie et obscurcissent leur vision», a poursuivi le Souverain pontife attentivement inspiré par l’Instrumentum Laboris, ce riche document de travail qui servira d’appui aux travaux du synode.  

«L’autre est supérieur à soi-même»

Dans cette atmosphère où tous peuvent «rêver ensemble», le Pape François invite à suivre les écrits de Saint Paul: «Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts; pensez aussi à ceux des autres» (Ph 2, 4).

Plus que cela, «nous devons considérer les autres supérieurs à nous-mêmes», ajoute-t-il, précisant vouloir éviter les logiques «de l’auto-préservation et de l’autoréférentialité».

L’écoute est la clé

Pour atteindre cet état d’esprit, c’est le don de l’écoute qui prime, selon le Pape, afin de prévenir «la tentation de tomber dans une position moralisante ou élitiste, comme aussi de l’attraction pour des idéologies abstraites qui ne correspondent jamais à la réalité de nos gens», estime le successeur de Pierre.

Rêve, enfance et prophétie

Le vœu du Pape en ce Synode est donc qu’à la croisée des rêves et espérances, les jeunes soient «stimulés et accompagnés» pour ne jamais cesser «de prophétiser».

Faisant ensuite allusion à la propre jeunesse des pères synodaux qui, pour beaucoup, eut lieu à la fin du Concile Vatican II au beau milieu des années 1960, le Pape a emprunté ces mots au poète romantique allemand, Friedrich Hölderlin (1770-1843): «que l’homme conserve ce qu’il a promis lorsqu’il était enfant».

Dans les pas du Concile Vatican II

Les Pères conciliaires eux parlaient ainsi, rappelle François en conclusion de son homélie: «L’Église, quatre années durant, vient de travailler à rajeunir son visage, pour mieux répondre au dessein de son Fondateur, le grand Vivant, le Christ éternellement jeune. Et au terme de cette imposante “révision de vie”, elle se tourne vers vous. C’est pour vous, les jeunes, pour vous surtout, qu’elle vient, par son Concile, d’allumer une lumière: lumière qui éclaire l’avenir, votre avenir. L’Église est soucieuse que cette société que vous allez constituer respecte la dignité, la liberté, le droit des personnes: et ces personnes, c’est vous.

Soyez généreux, purs, respectueux, sincères. Et construisez dans l’enthousiasme un monde meilleur que celui de vos aînés!» (Paul VI, Message aux jeunes à la fin du Concile Vatican II, 8 décembre 1965).

03 octobre 2018, 11:22