Version Béta

Cerca

Vatican News
Le Pape et le métropolite Rastislav, primat de l’Eglise orthodoxe des Terres Tchèques et de Slovaquie Le Pape et le métropolite Rastislav, primat de l’Eglise orthodoxe des Terres Tchèques et de Slovaquie   (ANSA)

Au primat Rastislav, le Pape rappelle l'urgence de l'unité des chrétiens

Ce vendredi 11 mai 2018, le Pape François a reçu en audience le métropolite Rastislav, primat de l’Église des Terres Tchèques et de Slovaquie. C’est une première pour le chef de cette petite Église orthodoxe autocéphale.

Manuella Affejee - Cité du Vatican

Au cours de son séjour romain, lors duquel il a pu rencontrer le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, Rastislav a célébré la Divine Liturgie à la Basilique St Clément, qui abrite la tombe de St Cyrille. Avec son frère Méthode, ce saint originaire de Thessalonique évangélisa les peuples slaves d’Europe centrale au IXe siècle. Tous deux sont aujourd’hui encore très vénérés à la fois par les chrétiens d’Orient et d’Occident.

Valoriser le patrimoine de sainteté

C’est sur ces deux figures que le Pape François a choisi de centrer son allocution, rappelant tout d’abord que ce furent Cyrille et Méthode qui apportèrent au Pape Adrien II les reliques de St Clément, un des premiers évêques de Rome et mort en exil sous le règne de l'empereur Trajan. Ce geste symbolique «nous rappelle que, nous, chrétiens avons hérité ensemble (…) d'un immense patrimoine commun de sainteté», a assuré François, se référant aux innombrables témoins et martyrs d’hier mais aussi d’aujourd’hui, notamment sous la persécution athée des régimes communistes en Tchécoslovaquie. Les souffrances endurées actuellement par de nombreux chrétiens «nous interpelle à rechercher une plus grande unité», a plaidé le Pape avant de souhaiter que l’exemple des Apôtres des slaves aide les chrétiens à valoriser ce patrimoine de sainteté, «qui déjà unit».

Cyrille et Méthode, modèles d'évangélisation

Le Souverain pontife s’est ensuite arrêté sur le rapport entre évangélisation et culture, à l’aune de l’œuvre missionnaire des saints Cyrille et Méthode. Convaincus que chaque peuple devait pouvoir glorifier Dieu dans sa langue maternelle, ils traduisirent les Saintes Ecritures et textes liturgiques en slavon, -né de l’alphabet qu’ils mirent au point-,  un geste audacieux pour l’époque. Les deux frères, déclarés co-patrons de l’Europe par St Jean-Paul II, constituent donc pour François un  «modèle d’évangélisation». «Pour annoncer le Seigneur, il ne suffit pas de réaffirmer les schémas du passé, mais il convient de se mettre à l’écoute de l’Esprit, qui inspire toujours des voies nouvelles et courageuses pour évangéliser les contemporains», a-t-il certifié.

Cyrille et Méthode réussirent enfin à dépasser les divisions entre communautés chrétiennes de cultures diverses; ces «précurseurs de l’œcuménisme» (Jean-Paul II) rappellent que «l’unité n’est pas l’uniformité, mais signifie plutôt la réconciliation dans l’Esprit-Saint», a insisté le Pape, avant de conclure : «que l’exemple des saints Cyrille et Méthode mous accompagne le long du chemin vers la pleine unité, nous stimulant à vivre cette diversité dans la communion et à jamais nous décourager» dans ce parcours.

L’évêque de Rome s’est également réjoui de la «participation active» de l’Eglise des Terres Tchèques et de Slovaquie à la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe; commission qu’elle a intégrée en 2006.

11 mai 2018, 12:49