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Le Pape a confié rencontrer des victimes d'abus lors de son voyage au Chili, ici lors de la messe du 17 janvier Le Pape a confié rencontrer des victimes d'abus lors de son voyage au Chili, ici lors de la messe du 17 janvier  (Vatican Media)

Le Pape François rencontre régulièrement des victimes d’abus

Le Saint-Siège a confirmé que le Pape rencontrait des victimes d’abus sexuels. Cette annonce intervient après la publication dans la revue des jésuites italiens, la Civiltà Cattolica, du contenu des rencontres que le Pape avait eues avec les jésuites du Pérou et du Chili.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Le Saint-Père rencontre des victimes d’abus sexuels soit individuellement, soit en groupe. Le Pape François écoute les victimes et cherche à les aider à guérir leurs graves blessures causées par les abus subis. Les rencontres ont lieu dans la plus grande confidentialité, dans le respect des victimes et de leurs souffrances.» C’est ce qu’a déclaré Greg Burke, le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, confirmant les informations qui ont filtré ce jeudi 15 février dans la presse.

La Civiltà Cattolica, la revue des jésuites italiens, dirigée par le père Antonio Spadaro, a publié l’intégralité des propos tenus par le Pape François le mardi 16 janvier au Chili et le vendredi 19 janvier au Pérou avec les jésuites de ces deux pays, lors de deux rencontres à huis clos. En répondant à la question d’un des jésuites à Lima, le Pape a de nouveau parlé de la question des abus sexuels. Il l’avait déjà abordée publiquement au Chili où son voyage a été marqué par le scandale Barros, du nom de cet évêque accusé d’avoir couvert les agissements d’un prêtre condamné pour avoir commis des abus sexuels.

Une honte pour toute l’Église

«Pour l’Église c’est une grande humiliation. Cela montre non seulement notre fragilité, mais aussi, disons-le clairement, notre niveau d’hypocrisie». Le Pape François maintient la ligne qui a toujours été la sienne depuis le début de son pontificat et qui a marqué celle de son prédécesseur, Benoît XVI. Parlant des abus sexuels commis notamment sur les mineurs, le Pape déclare que «cela nous pousse à la honte, mais il faut aussi nous souvenir que la honte est également une grâce très ignacienne» ; «nous devons aimer une Église avec des plaies» déclare-t-il ainsi aux jésuites du Pérou.

Il n’est pas question pour lui de se satisfaire du faible taux de pédophiles au sein du clergé : 2% environ. «C’est terrible, même si ce n’était qu’un seul de nos frères ! Car Dieu l’a oint pour sanctifier les enfants et les adultes, et lui, au lieu de les sanctifier, il les a détruits. C’est horrible !»

Victimes anéanties

C’est alors que le Pape François confie à son auditoire qu’il rencontre le vendredi, au Vatican, des victimes d’abus. «Il faut écouter ce qu’éprouve un abusé ou une abusée !» Il précise qu’au Chili, il a également fait cette rencontre. «Comme leur procès est très dur, ils demeurent anéantis. Anéantis !» insiste-t-il.

Cette question a marqué son passage au Chili. De retour au Vatican, le Pape a décidé d’envoyer Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et ancien promoteur de justice de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, pour entendre les témoignages accusant l’évêque d’Osorno, Mgr Juan Barros, d’avoir couvert les abus sexuels du père Karadima.

 

15 février 2018, 16:35