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Le président roumain Klaus Iohannis. Le président roumain Klaus Iohannis. 

La Roumanie ébranlée par une profonde crise politique

La Roumanie connaît une période d’instabilité politique. Une motion de censure contre le gouvernement dirigé par le libéral Florin Citu a été adoptée par les députés, le 5 octobre dernier. Un nouveau Premier ministre doit encore être désigné.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican

Le Premier ministre, en place depuis les élections de décembre, était de plus en plus contesté, y compris par ses propres alliés, notamment pour son inaction dans le domaine de la justice et sa mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19. Les élus de centre droit de l'USR (l'Union sauvez la Roumanie), ancien membre de la coalition au pouvoir, le parti social-démocrate (PSD), mais aussi le parti d’extrême-droite AUR ont uni leur voix pour destituer l'exécutif.

«La rupture a été largement à l’initiative du parti, que l’on peut définir “macroniste”, USR Plus», relève Traian Sandu, professeur agrégé à la Sorbonne-Nouvelle, spécialiste de la Roumanie. Les raisons de cette rupture sont liées «au déchirement de la droite roumaine». «Il y a, en quelque sorte, une compétition entre les anciens du Parti démocrate-libéral (PNL), un parti historique, et l’USR (l'Union sauvez la Roumanie)».

Le débat «portait sur la question des réformes promises par la plateforme de la coalition qui prévoyait notamment une réforme de la justice». Le gouvernement de Florin Citu, un ancien banquier de 49 ans, continue à assurer l'intérim. Le président Klaus Iohannis doit désigner un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement doit être formé.

Les tractations se poursuivent et «il semble que l’on s’oriente vers le remplacement de l’USR par le parti social-démocrate, à l’image d’une “grande coalition” à l’allemande entre l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)», observe Traian Sandu, écartant l’éventualité d’élections anticipées.

Entretien avec Traian Sandu, spécialiste de la Roumanie
16 novembre 2021, 13:13