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En Roumanie, le président sortant Klaus Iohannis a été réélu dimanche 24 novembre 2019 avec 63% des voix. En Roumanie, le président sortant Klaus Iohannis a été réélu dimanche 24 novembre 2019 avec 63% des voix.  (ANSA)

Défaite historique de la gauche en Roumanie

Dimanche 24 novembre, les électeurs roumains ont choisi de tourner une page de la vie politique de leur pays en choisissant le libéral et pro-européen Klaus Iohannis comme président. Une élection à contre-courant parmi les anciennes républiques communistes.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

60 ans, une stature imposante, Klaus Iohannis a été choisi à 63% des voix pour rester président de la Roumanie. «Rester président», car le chef de l’État est en fait arrivé au pouvoir en octobre dernier après le renversement du gouvernement socialiste par le parlement. Klaus Iohannis, à la tête du Parti National Libéral, un parti de centre droit, tourne ainsi une page de la vie politique roumaine, dominée depuis 1990 par les sociaux-démocrates du PSD. À l’annonce des résultats, il a promis d'oeuvrer pour une «Roumanie européenne, normale», délivrée du fléau de la corruption et où les institutions fonctionnent.

Premier mandat en 2014 

Klaus Iohannis avait été porté au pouvoir en 2014 par une vague de mécontentement contre son adversaire de l'époque, l'ex-Premier ministre social-démocrate Victor Ponta. Il a passé la majeure partie de son premier mandat dans des affrontements répétés avec la majorité PSD, revenue en force au parlement en 2016 et obnubilée par un projet très décrié de réforme de la justice.

Mais les hésitations du président dans des moments cruciaux de cette cohabitation conflictuelle ont aussi provoqué un certain désenchantement au sein de son électorat. Ce nouveau mandat sera également marqué par une cohabitation pendant plusieurs mois, à moins de mettre en place des élections législatives anticipées. 

La fin du PSD ?

Le PSD, parti de gauche aux accents populistes et eurosceptiques qui domine la vie politique roumaine depuis 1990, fait les frais de son impopularité croissante liée notamment à ses tentatives d'affaiblir la justice anticorruption et aux scandales ayant touché nombre de ses élus. La formation social-démocrate, issue de l'ex-parti communiste, a été ces dernières années accusée de saper l'État de droit et d'isoler la Roumanie sur la scène européenne.

Le vote pour le libéral est avant tout un vote contre le PSD, explique Silvia Marton, maître de conférences à la faculté de Sciences politiques de l’Université de Bucarest.

Analyse de Silvia Marton de l'Université de Bucarest
26 novembre 2019, 11:58