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Des enfants syriens trient des déchets dans une casse métallique à la périphérie de la ville de Maaret Misrin, dans le nord-ouest de la province d'Idlib, le 10 mars 2021. Des enfants syriens trient des déchets dans une casse métallique à la périphérie de la ville de Maaret Misrin, dans le nord-ouest de la province d'Idlib, le 10 mars 2021.  (AFP or licensors)

10 ans de guerre en Syrie: les enfants vivent la plus grande crise humanitaire

Depuis mars 2011, les enfants syriens vivent la plus grande crise humanitaire du monde, d’une telle ampleur qu’elle dépasse les frontières de la Syrie. Au fur et à mesure que le conflit s’enlise, le nombre de personnes ayant besoin d’une aide vitale augmente de manière considérable.

Dix ans que la Syrie est en guerre, ce jeudi 11 mars 2021. Une décennie de conflit qui a fait des ravages en particulier chez les enfants. Les chiffres de l’Unicef, selon des données vérifiées entre 2011 et 2020, sont alarmants. L’une des premières données indique que près de 6 millions d’enfants syriens sont nés pendant la guerre et n'ont donc connu que cette configuration.

Plus de trois enfants tués par jour 

Quelques 12 000 enfants ont été tués ou blessés, soit une moyenne de plus de trois par jour. Plus de 5 700 enfants - certains âgés de 7 ans seulement - ont été recrutés dans les combats. Plus de 1 300 établissements de santé et d'éducation et leur personnel ont été attaqués.

Selon l’organisation internationale, la précarité est la normalité pour les familles et les enfants syriens, qui sont quelque 90% à avoir besoin d'une aide humanitaire. D’un point de vue nutritionnel, plus de 500 000 d’entre eux agés de moins de 5 ans souffrent de retards de développement dus à une malnutrition chronique. Par ailleurs, en 2019, le prix moyen du panier alimentaire avait augmenté de 230%.

Sur le plan éducatif, ils sont environ 2,45 millions d'enfants en Syrie à ne pas être scolarisés, dont 40% de filles.

Insister sur le soutien aux enfants

«Il ne peut s'agir d'un triste anniversaire de plus, éclipsé par la communauté internationale, alors que les enfants et les familles en Syrie continuent de lutter», a déclaré la directrice générale de l'UNICEF, Henrietta Fore, à l’occasion de ce dixième anniversaire. «Les besoins humanitaires ne peuvent pas attendre. La communauté internationale doit tout mettre en œuvre pour ramener la paix en Syrie et insister sur le soutien aux enfants.»

La situation dans le nord de la Syrie est particulièrement inquiétante. Dans le camp d'Al-Hol et dans le nord-est de la Syrie, 27 500 enfants d'au moins 60 nationalités et des milliers d'enfants syriens associés à des groupes armés survivent dans des camps et des centres de détention. 

 

En outre, le nombre d'enfants réfugiés dans les pays voisins -qui continuent généreusement d'accueillir 83 % du nombre total de réfugiés syriens dans le monde- a été multiplié par plus de 10 pour atteindre 2,5 millions depuis 2012, ce qui exerce une pression supplémentaire sur des communautés déjà en difficulté.

L'importance de l'assistance transfrontalière

L’Unicef qui tire la sonnette d’alarme pour pouvoir poursuivre son action sur ces terrains difficiles. L’organisation dit avoir besoin d’1,4 milliard de dollars pour l'intervention en Syrie et dans les pays voisins en 2021.

L’Unicef demande par ailleurs aujourd’hui le renouvellement de la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies sur l'assistance transfrontalière afin de continuer à fournir une assistance vitale à travers les frontières de la Syrie.

«Il n'y a pas de vainqueur dans cette guerre et la plus grande perte est celle des enfants de Syrie. Il est temps pour les parties en conflit de déposer leurs armes et de s'asseoir à la table des négociations. La paix et la diplomatie sont les seuls moyens de sortir de cet abîme», affirme l’organisation dans un communiqué.

La "Syrie bien-aimée" du Saint-Père

Le Pape François suit de très près la situation syrienne, s’exprimant régulièrement sur ce pays tourmenté. De retour d’Irak, lundi 8 mars, à bord de l’avion papal, le Saint-Père a évoqué «la bien-aimée Syrie» «qu’il porte dans son cœur». Lors de la bénédiction Urbi et Orbi du 25 décembre 2020, le Souverain pontife avait prié particulièrement pour les enfants syriens, «qui payent le prix fort de la guerre», ou encore lors de l’Angélus du 28 juin 2020.

10 mars 2021, 17:24