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La police indonésienne recherchant des indices sur les lieux de l'attentat du dimanche des Rameaux La police indonésienne recherchant des indices sur les lieux de l'attentat du dimanche des Rameaux  (AFP or licensors)

Condamnation unanime de l’attentat de Makassar

Les responsables d'Églises et de religions dénoncent l'attentat à la bombe contre la cathédrale de Makassar, en Indonésie, le dimanche des Rameaux. Deux personnes sont mortes et une vingtaine d’autres ont été blessées. Les mesures de sécurité pour protéger les chrétiens pendant la Semaine Sainte ont été renforcées dans l’archipel.

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Les évêques indonésiens ont exprimé «leur inquiétude, leurs prières et leur profonde tristesse à la suite de cet attentat», déclarant qu'«il ne touche pas seulement la communauté catholique mais l'ensemble de la nation et de l'État indonésien». Il «dégrade la dignité humaine, détruit les valeurs humaines et s'ajoute à la longue liste des actes de terrorisme dans notre archipel bien-aimé», selon un communiqué de l’épiscopat.

 

Signé par l'évêque Yohannes Harun Yuwono, président de la Commission pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques d'Indonésie, le document appelle les catholiques et tous les Indonésiens à «garder leur calme» et à «rester vigilants». La Commission exprime également la «pleine confiance» des évêques dans le gouvernement indonésien, les forces armées et la police nationale, et espère «que l'attaque n'endommagera pas et n'affaiblira pas la relation» qui s'est construite au fil des ans entre les croyants et les confessions»

Solidarité des dirigeants chrétiens et musulmans indonésiens

Le président de la Communion des Églises en Indonésie a transmis ses condoléances aux victimes et a invité les chrétiens du pays à «ne pas avoir peur mais à rester vigilants», rapporte l'agence UCA. Le président indonésien Joko Widodo a condamné l'attentat et a déclaré que le terrorisme était un crime contre l'humanité.

Condamnation également de Anwar Abbas, vice-président du Conseil indonésien des oulémas, qui a déclaré que l'attaque contredisait les valeurs religieuses. Selon le leader musulman, l'attentat est lié à l'arrestation de dizaines de terroristes dans plusieurs régions du pays par la brigade antiterroriste de la police depuis janvier.

Le Conseil œcuménique des Églises s'unit dans la solidarité

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) s'est également uni pour condamner l'attentat. «Nous prions pour les victimes de cette attaque cruelle, pour leurs familles et leurs proches, pour les fidèles qui terminaient leur service du dimanche des Rameaux», a déclaré le secrétaire général par intérim, Ioan Sauca. «Nous prions pour les auteurs de ces actes, qui sont devenus la proie d'idéologies si extrémistes qu'ils étaient prêts à se détruire eux-mêmes pour faire du mal aux autres.»

 

Ioan Sauca a également appelé à la solidarité du monde entier pour apporter la paix, la sécurité et la justice non seulement en Indonésie, mais aussi à tous les peuples, dans toutes les nations. «L'attaque d'une église locale, un acte extrêmement malencontreux visant des grands-parents, leurs enfants et leurs petits-enfants, alors qu'ils célèbrent leur culte, est une attaque contre nous tous», a-t-il déclaré.

Une longue tradition de tolérance menacée par le fondamentalisme 

L'Indonésie est le pays musulman le plus peuplé du monde, mais elle a une longue tradition de tolérance et de pluralisme, consacrée par ses cinq principes fondateurs, le "Pancasila". Toutefois, au cours des deux dernières décennies, cette tradition a été mise à l'épreuve par les radicaux islamiques et les groupes terroristes liés à Al-Qaïda et, plus récemment, à l’organisation de l’État islamique, qui ont également pris pour cible les chrétiens. Les catholiques représentent environ 3 % de la population indonésienne.

 

 

29 mars 2021, 20:11