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Des Soudanaises transportent l'aide internationale pour les déplacés de Geneina, capitale du Darfour occidental, le 8 février 2017. Des Soudanaises transportent l'aide internationale pour les déplacés de Geneina, capitale du Darfour occidental, le 8 février 2017.   (AFP or licensors)

Soudan: milices et tribus accroissent la violence au Darfour occidental

L'escalade de la violence intercommunautaire au Darfour occidental à l’ouest du Soudan a provoqué 200 morts, 300 blessés et 90 000 personnes déplacées ces derniers jours, selon l’ONG Save the Children.

On estime qu'environ 90 % des maisons des camps de personnes déplacées ont été brûlées, détruisant les quelques biens des familles qui y vivaient. L'organisation internationale qui se bat depuis plus de 100 ans pour sauver les enfants en danger et assurer leur avenir, se dit choquée.

Une recrudescence des violences, les familles touchées

«Nous assistons à une nouvelle catastrophe humanitaire. Au moins 18 000 familles et des dizaines de milliers d'enfants ont été déplacés et vivent maintenant dans des bâtiments abandonnés ou dans des camps totalement inadéquats», a déclaré Arshad Malik, directeur de Save the Children au Soudan.

«Nos agents de terrain nous ont dit qu'à Geneina, capitale du Darfour occidental, au moins 13 écoles servent d'abris aux familles. Ces bâtiments ne sont pas adaptés à ce type d'utilisation et nous sommes très préoccupés par la situation des familles qui sont obligées de s'y réfugier en matière d'eau et d'assainissement. En outre, nous sommes profondément attristés par la nouvelle de la mort de trois travailleurs humanitaires, dont l'un a été tué avec toute sa famille. Les opérateurs humanitaires risquent leur vie pour améliorer la vie de leurs communautés et lorsque ces vies sont prises, c'est une tragédie insensée», a poursuivi le directeur. 

Fin du mandat de la Minuad

Tout comme l’ONU, Save the Children condamne fermement le meurtre de ces trois travailleurs humanitaires et demande que les responsables soient traduits en justice le plus rapidement possible. «Nous appelons également toutes les parties au conflit à cesser les hostilités et à permettre aux enfants et à leurs familles de revenir à la normale et de ne plus avoir à craindre pour leur vie», a conclu Arshad Malik.

Récemment, l'état du Darfour Occidental a connu une recrudescence des affrontements tribaux et des attaques de milices. Fin décembre, alors que la Minuad, opération hybride Union africaine-Nations Unies, annonçait la fin de son mandat après treize ans de présence; une quinzaine de personnes ont trouvé la mort dans une énième attaque.

Aide alimentaire d’urgence

Le Programme alimentaire mondial, nobélisé en 2020, a pour sa part de quoi venir en aide à 50 000 personnes grâce à ses distributions alimentaires d’urgence. L’agence onusienne dispose de 10 000 tonnes de nourriture dans ses entrepôts au Darfour occidental et du combustible à Zalingei.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est dit le 18 janvier dernier «profondément préoccupé» par les affrontements au Darfour occidental. Le chef de l’ONU a appelé les autorités soudanaises à déployer tous les efforts possibles pour désamorcer la situation et mettre fin aux combats. Pour l’ONU, l’urgence est de rétablir l’ordre public et assurer la protection des civils, conformément au Plan national de protection des civils du gouvernement.


22 janvier 2021, 12:14