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Vatican News
Un point de contrôle sur l'île de Mindanao, le 22 janvier 2019. Un point de contrôle sur l'île de Mindanao, le 22 janvier 2019.  (ANSA)

Les Philippines célèbrent la semaine pour la paix à Mindanao

A l’occasion de la semaine pour la paix à Mindanao aux Philippines, célébrée depuis 2001, Mgr Bagafaro, président de la conférence épiscopale du pays, invite à considérer comme des «espaces de paix» certains lieux publics et neutres comme les églises ou les mosquées.

Créer des havres de paix dans une zone de violence. Tel est le souhait du président de la conférence épiscopale des Philippines, Mr José Colin Bagafaro, exprimé dans un message publié sur le site internet des évêques du pays mardi 1er décembre, à l’occasion de la semaine pour la paix à Mindanao. 

L’évêque de Kidapawan et également directeur national de Caritas Philippines invite à considérer comme des «espaces de paix» certains lieux neutres et publics tels que les églises, les mosquées, les écoles, les hôpitaux, les marchés et les centres sportifs, dans les zones de conflit, parce que chacun mérite de ressentir un «véritable sentiment de sécurité et de protection». Ainsi Mgr Bagafaro incite à la sanctuarisation de ces lieux. «Il ne doit y avoir aucun épisode de violence ou de désaccord dans ces espaces qui pourrait nuire à des passants innocents, ruiner les infrastructures publiques et nuire à la fourniture de services sociaux de base», écrit-il. Mais il est évident, ajoute le prélat, que la réalisation de la paix «ne doit pas se limiter à ces seuls espaces». Pour que la paix triomphe, chacun doit apprendre à «se respecter mutuellement et à donner à chacun un véritable sentiment de sécurité et de protection».

Se regarder avec compassion et gentillesse

«Nous devons nous efforcer de nous regarder les uns les autres avec compassion et gentillesse», continue l'évêque, en exhortant tout le monde «à regarder ceux qui sont devant nous comme des frères et des sœurs, plutôt que comme des ennemis» et à ne pas considérer les espaces communs comme des champs de bataille.

La semaine de la paix à Mindanao, dont le but est de promouvoir une «culture du respect de la vie, afin que nous puissions vivre en paix», se terminera lundi 7 décembre par un Forum organisé par le Réseau populaire pour la paix, qui rassemble diverses organisations engagées en faveur d'une «paix juste et durable» sur l'île de Mindanao.

Création d'un territoire indépendant 

Sur l’île de Mindanao, deuxième du pays en surface et en population, s’entrechoquent la majorité chrétienne et la communauté musulmane. En janvier 2019, après un référendum historique, une loi instituait la création d’une région autonome pour les communautés musulmanes, soufflant l’espoir d’un vent de paix dans le pays. Cette nouvelle entité doit permettre au Front Moro Islamique de Libération et au Front de Libération Nationale Moro de finalement démobiliser leurs dizaines de milliers de combattants. Ces deux groupes rebelles ont lutté pendant plus de quarante ans pour une autonomie, sinon pour l’indépendance de l’île. Bénéficiant de pouvoirs plus larges, la future région devrait avoir les outils pour mener une vraie politique de développement dans une zone pauvre marquée par les combats qui ont fait environ 150 000 morts. Une autorité transitoire est actuellement à la tête du nouveau territoire, dans l'attente de la formation d'un Parlement élu, prévue en 2022.

03 décembre 2020, 12:32