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Vatican News
Mardi 3 novembre 2020, près de 200 millions d'électeurs doivent départager le président sortant Donald Trump et le démocrate Joe Biden. Mardi 3 novembre 2020, près de 200 millions d'électeurs doivent départager le président sortant Donald Trump et le démocrate Joe Biden.   (AFP or licensors)

États-Unis: une présidentielle dans un climat d’extrême polarisation

Quatre ans après l’élection de Donald Trump, les électeurs américains sont appelés à désigner, ce 3 novembre 2020, le prochain locataire de la Maison Blanche. Ce scrutin est inédit à plus d’un titre. L’analyse de Nicole Bacharan, spécialiste des États-Unis.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican  

Plus de 93 millions d'Américains ont déjà voté par correspondance ou en se rendant aux urnes de façon anticipée, laissant entrevoir une participation massive au vote. Le scrutin présidentiel se déroule dans un contexte inédit de pandémie de Covid-19, qui affecte profondément les Américains. La gestion de la crise sanitaire et ses conséquences économiques ont largement dominé la campagne.

Cette élection est également marquée par de vives tensions entre les deux candidats, le président républicain sortant Donald Trump, âgé de 74 ans, et le démocrate Joe Biden, 77 ans, favori d’après les derniers sondages. Signe visible de ce climat fébrile, les commerces de plusieurs villes américaines, dont New York et la capitale Washington, sont restés fermés par crainte de violences; en Pennsylvanie, État-clé de vingt grands électeurs, le maire a même lancé un appel au calme. 

 

Un vote aux allures de référendum

Nicole Bacharan, historienne et politologue, spécialiste des États-Unis évoque «une polarisation extrême» de la société américaine. Les positions de chaque camp, dans l’immédiat, semblent «irréconciliables», relève-t-elle, précisant que le pays «n’a pas connu de division aussi grave, profonde et radicale depuis la guerre de Sécession». «Le fait que le camp qui perdra l’élection jugera que l’autre camp est inacceptable et illégitime, représente l’indice de cette polarisation extrême», ajoute-t-elle.    

Cette élection a cette particularité qu’«elle ne se joue pas entre démocrates et républicains», souligne Nicole Bacharan. Il s’agit plutôt pour les électeurs d’«un référendum pour ou contre Donald Trump», et «pour ou contre sa gestion de la crise sanitaire», analyse-t-elle, précisant qu’«il y a très peu d’indécis». La pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 230 000 morts aux Etats-Unis «pèse résolument sur le scrutin».

 

Entretien avec Nicole Bacharan, historienne et politologue sur les États-Unis
03 novembre 2020, 11:00