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Vatican News
Un Arménien en prière dans la cathédrale de Chouchi (Shusha), endommagée par un bombardement en octobre 2020. Un Arménien en prière dans la cathédrale de Chouchi (Shusha), endommagée par un bombardement en octobre 2020.  (AFP or licensors)

Le Conseil des Églises du Moyen-Orient soutient les Arméniens du Haut-Karabakh

Le Conseil des Églises du Moyen-Orient (Mecc) appelle les parties concernées et la communauté internationale à œuvrer pour que le cessez-le-feu se poursuive au Haut-Karabakh, tout en soulignant le manque de clarté de l’accord entré en vigueur le 10 novembre.

Dans une déclaration intitulée "Justice pour l'Artsakh" ( le nom arménien de cette région) publiée le 23 novembre, l'organisation religieuse, qui veut promouvoir le dialogue et la coexistence pacifique entre les peuples, souligne que l'accord actuel en vigueur depuis le 10 novembre ne garantit pas une paix claire, durable et viable.

Les Églises du Moyen-Orient craignent pour la liberté religieuse et la pratique des cultes et expriment leur inquiétude quant à l'héritage chrétien des églises, monastères, monuments et musées déjà endommagés ou qui pourraient être détruits. C'est pourquoi ils demandent instamment à toutes les organisations internationales de s'engager en faveur de l'Artsakh, «qui a autant droit à l'autodétermination que n'importe quelle autre nation et n'importe quel autre peuple dans le monde».

«Nous réaffirmons également l'importance d'un dialogue sincère entre toutes les parties concernées pour le bien de tous ceux qui vivent dans la région, ont ajouté les Églises du Moyen-Orient. Cela ouvrirait la voie aux étapes nécessaires à l'établissement d'un nouvel ordre régional qui profiterait à toutes les parties impliquées dans le conflit actuel», précise l’organisation.

La disponibilité de l’Unesco pour la protection du patrimoine religieux

Le 18 novembre, la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, avait reçu les représentants de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan auprès de l'Organisation. Elle avait repris les déclarations du Secrétaire général des Nations Unies, qui avait exprimé son soulagement après l’accord signé le 9 novembre dernier entre le Premier ministre de l’Arménie, Nikol Pashinyan, le président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliev, et le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, qui a déployé une force d’interposition sur le terrain.

Concernant les inquiétudes manifestées quant à la protection des églises et des monastères, Audrey Azoulay avait réaffirmé «la dimension universelle du patrimoine culturel, témoin de l'histoire et inséparable de l'identité des peuples, que la communauté internationale a le devoir de protéger et de préserver pour les générations futures, au-delà des conflits du moment». Elle avait rappelé la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de ses deux protocoles, dont Erevan et Bakou sont signataires, précise que «les dommages causés aux biens culturels appartenant à un peuple, quel qu'il soit, sont des dommages au patrimoine culturel de l'humanité tout entière».

Elle avait cité également la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée en 2017 dans le contexte des exactions de Daech en Syrie et en Irak, qui souligne que «la destruction illicite du patrimoine culturel, le pillage et la contrebande de biens culturels en cas de conflit armé, y compris par des groupes terroristes, et les tentatives de renier les racines historiques et la diversité culturelle dans ce contexte, peuvent alimenter et exacerber les conflits et entraver la réconciliation nationale après un conflit, compromettant ainsi la sécurité, la stabilité, la gouvernance et le développement social, économique et culturel des États touchés».

Au cours de ces réunions, Audrey Azoulay a formellement proposé le soutien technique de l'Unesco, qui n'a pas pu se rendre dans ces zones jusqu'à présent malgré les tentatives passées, mais qui pourrait, avec l'accord de toutes les parties concernées, effectuer une mission préliminaire sur le terrain, afin de dresser un inventaire des biens culturels les plus significatifs, comme condition préalable à une protection efficace du patrimoine de la région.

Dans cette optique, l'Unesco travaillera avec tous les partenaires intéressés pour créer les conditions d'une telle mission. Des consultations à haut niveau ont commencé avec les États coprésidant le groupe de Minsk, c'est-à-dire la France, la Russie et les États-Unis.

25 novembre 2020, 12:33