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Les deux Italiens avaient été enlevés au Niger Les deux Italiens avaient été enlevés au Niger  (ANSA)

4 otages libérés au Mali dont un missionnaire italien

Le père italien Pier Luigi Maccali, son compatriote Nicola Chiacchio, l’humanitaire française Sophie Pétronin et l’opposant politique malien Soumaïla Cissé ont été libérés au Mali dans le soirée du 8 octobre 2020. C'est un soulagement, alors que certains étaient détenus depuis plusieurs années par une alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda, selon le gouvernement malien.

Cela faisait plusieurs jours que la rumeur et la confusion enflaient autour de la libération de ces quatre otages. En début de soirée, la présidence malienne a rompu le silence pour annoncer la bonne nouvelle. 

Qui sont les otages ? 

Le père Pier Luigi Maccalli, missionnaire de la province de Crema, 59 ans, installé depuis onze ans au Niger, avait été enlevé dans la nuit du 17 au 18 septembre 2018 à son domicile de Bamoanga dans sud-ouest du pays, vers la frontière burkinabè. Son diocèse d'origine n'avait jamais perdu l'espoir de le retrouver et tous les 17 du mois depuis deux ans, il célébrait une messe ou une veillée en sa mémoire et en prière. Il est apparu pour la première fois dans une vidéo tournée en mars 2020, en compagnie d'un compatriote, Nicola Chiacchio, a indiqué un journal privé nigérien. Nicola Chiacchio, jusqu'alors inconnu, a été présenté par les médias comme un jeune homme ayant disparu dans le Nord du Mali en février 2019 alors qu'il voyageait à vélo.

Après l’annonce de la libération des deux Italiens, la Conférence épiscopale de la péninsule a réagi : «Nous accueillons avec joie la nouvelle de la libération au Mali du père Pierluigi Maccalli et de Nicola Chiacchio», peut-on lire sur le compte Twitter de la CEI.  

«C'est un homme habitué aussi à l'Afrique et à ses difficultés et donc au désert. En ces longs jours d'attente, je pense que la prière l'a soutenu mais aussi le souvenir de la Bible, des psaumes et je pense qu'il a représenté une présence encourageante aussi pour les autres autour de lui», a déclaré à nos confrères de la rédaction italienne le père Antonio Porcellato, supérieur général de la Société des missions africaines. 

Sophie Pétronin était la dernière otage française dans le monde. Elle avait été enlevée en 2016 à Gao, au nord du Mali. C’est là qu’elle vivait, en œuvrant depuis 2001 en faveur des orphelins et des enfants malnutris. À 75 ans, Sophie Pétronin sera accueillie ce 9 octobre sur le sol français par Emmanuel Macron, qui a exprimé un «immense soulagement» et sa gratitude envers les autorités maliennes. 

Quant à Soumaïla Cissé, 70 ans, deuxième à trois reprises de l'élection présidentielle, il avait été enlevé le 25 mars alors qu'il faisait campagne pour les élections législatives dans la région de Tombouctou (nord-ouest). Devenu une figure politique emblématique, il a fait un retour triomphal parmi ses partisans debout les bras levés à travers le toit ouvrant d'une voiture.

Tous les otages, reçus à la présidence malienne, ont paru en relativement bonne santé, indique l’AFP.

Modus operandi ?

Selon le gouvernement malien, ces otages étaient aux mains du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM). Avec ces libérations, les nouvelles autorités de la transition peuvent se prévaloir d'une réussite spectaculaire, même si les détails de l'opération et les répercussions sur les relations entre le pouvoir et le GSIM restent à établir.

Pour parvenir à ces libérations, de longs mois d’efforts politiques et de discussions avec les ravisseurs auront été nécessaires, mais tout s’est accéléré le week-end dernier, lorsque le gouvernement malien de transition, installé depuis peu, a libéré des dizaines de prisonniers présentés comme des djihadistes. Leur nombre exact et d’où vient cette décision reste encore flou, comme le montant de la rançon qui aurait été versée.   

09 octobre 2020, 09:37