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Façade du Parlement italien à Rome, image d'illustration. Façade du Parlement italien à Rome, image d'illustration.  

En Italie, la lutte d'une génération d'enfants d'immigrés pour le droit du sol

«Jus soli», la formule latine est revenue d’actualité dans la péninsule. C’est le slogan d’une génération d’enfants d’immigrés, née sur le sol italien et qui réclame le droit d'accéder à la nationalité de la péninsule avant sa majorité, comme le veut aujourd’hui la loi.

Marine Henriot, avec agences - Cité du Vatican 

Dans la péninsule, la question migratoire est toujours au coeur de l’actualité. Mais elle tourne souvent autour des bateaux traversant la Méditerranée et de l’accueil d’urgence. Cette bataille des enfants d’immigrés est bien moins visible. Le mouvement "G2" comme il est surnommé, entend se relancer et prévoit une manifestation le 19 septembre à Rome. Son objectif : légaliser l'application du "Jus soli", le droit du sol, c’est à dire l’accès automatique à leur naissance à la citoyenneté italienne. 

Le mouvement "G2" rassemble des générations d’enfants et petits-enfants de migrants, nés sur le sol italien de parents migrants. Ces jeunes partagent la langue et les codes culturels de la péninsule, mais selon la loi, il ne peuvent prétendre à la citoyenneté qu’à l’âge de 18 ans, après un parcours du combattant face à l’administration. Selon la loi sur la nationalité, qui date de 1992, un étranger né en Italie peut demander à devenir citoyen à ses 18 ans, et au plus tard avant ses 19 ans, et à condition d'avoir «résidé légalement en Italie (...) sans interruptions».

Sur les 5,3 millions d'étrangers résidents en Italie en 2019, environ 1,3 million ont moins de 18 ans. Près de 75% d'entre eux sont nés dans la péninsule. Parmi les nationalités les plus représentées figurent l'Albanie, le Maroc, la Chine, l'Inde et le Pakistan. Ils vivent donc toute leur minorité avec la nationalité d'origine de leur parent et une carte de séjour pour pouvoir résider sur le territoire.

Une question très politique 

Le traitement des demandes de nationalité, fixé initialement à un maximum de deux ans, a été prolongé à quatre ans par l’ancien ministre de l’Intérieur d’extrême-droite, Matteo Salvini. Le "Jus Soli" est d’ailleurs un cheval de bataille de l’extrême-droite: «la nationalité, ce n'est pas un ticket pour la fête foraine», déclarait Matteo Salvini en 2017.

Depuis 2019 un nouveau projet de loi sur le droit du sol est en discussion au Parlement mais sans avancée significative.

Dans la péninsule, le sujet fait débat. Selon un sondage Ipsos réalisé en 2019, 53% des Italiens sont plutôt favorables à un changement de la loi en faveur des enfants d’immigrés. 

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24 août 2020, 14:11