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Un camp de migrants lors d'une évacuation à Calais, le 21 février 2019. Un camp de migrants lors d'une évacuation à Calais, le 21 février 2019.   (AFP or licensors)

Migrants à Calais: «La situation est plus violente qu’elle ne l’a jamais été»

Le camp de migrants de Calais dans le Nord de la France a été démantelé par les autorités en octobre 2016, cependant des centaines de migrants sont toujours présents sur place, livrés à eux-mêmes dans des conditions de vie effroyables. Selon le président départemental du Secours Catholique dans le Pas-de-Calais, la situation est pire que jamais.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

Jeudi 28 février, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamnait la France pour avoir abandonné à son sort un Afghan de 12 ans. L’enfant s’est retrouvé livré à lui-même, souffrant de manque d’eau, de nourriture, dans des conditions d'hygiène déplorables et exposé aux violences sexuelles. La CEDH reproche à Paris d’avoir laissé l'enfant vivre plusieurs mois dans le bidonville, dans un «environnement totalement inadapté à sa condition d’enfant et dans une précarité inacceptable». La France, condamnée pour «traitement dégradant», devra donc verser 15 000 euros au jeune migrant pour dommage moral.

Négation de la prise en charge des migrants 

Les faits remontent à 2016, avant le démantèlement de la jungle de Calais en octobre de la même année, et depuis, la situation sur place s’est empiré, explique Didier Degrémont, président départemental du Secours Catholique dans le Pas-de-Calais. «La problématique migratoire n’a absolument pas évolué», analyse-t-il, «Nous sommes toujours dans la négation de la prise en charge des migrants et des exilés qui sont sur notre territoire».

Selon le Secours Catholique, la situation pour les migrants à Calais est pire que lorsqu’ìls séjournaient dans la jungle. Malgré des abris insalubres, «il y avait au moins une acceptation de la réalité de leur existence, il y avait tout un ensemble d’organisation de soin juridique, de prise en charge médicale». Des aides qui ont aujourd’hui disparu, alors que près de 600 migrants tentent de survivre à Calais; ils viennent en majorité d’Irak, de Syrie et d’Iran.

Interview de Didier Degrémont, président du Secours Catholique Pas-de-Calais
02 mars 2019, 13:11