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Le portrait du président Emmerson Mnangagwa, lors de la fête de l'indépendance, le 19 avril 2018 à Harare. Le portrait du président Emmerson Mnangagwa, lors de la fête de l'indépendance, le 19 avril 2018 à Harare.  (AFP or licensors)

Vers un retour du Zimbabwe dans le Commonwealth ?

Le retour de Harare vers cette organisation marque le début d’une «nouvelle ère» dans les relations avec Londres. L'objectif pour le président Emmerson Mnangagwa est désormais de développer les investissements étrangers dans le pays.

Entretien réalisé par Joris Bolomey - Cité du Vatican

Le Zimbabwe sort progressivement de son isolement sur la scène internationale. À l'occasion du sommet du Commonwealth, du 16 au 20 avril à Londres, le chef de la diplomatie zimbabwéenne, Sibusiso Moyo, a rencontré son homologue britannique Boris Johnson. «Vers un futur commun» était d'ailleurs le thème du sommet. Alors que le Royaume-Uni se prépare à sortir de l'Union européenne, il y a du côté de Londres un regain d’intérêt pour cette organisation. A sa tête, le reine Elisabeth II a annoncé avoir choisi sont fils le prince Charles pour cette fonction symbolique et non héréditaire, qu'elle occupait depuis la mort de son père le roi George VI, en 1952. 

Le retour de Harare vers cette organisation de 53 pays, qui ont dans leur grande majorité appartenu à l'empire colonial britannique, marque le début d’une «nouvelle ère» dans les relations avec Londres. Robert Mugabe avait été chassé du Commonwealth après le scrutin présidentiel de 2003, marqué par des violences et des accusations de fraudes. «Le Royaume-Uni soutiendrait fermement le retour du Zimbabwe» au sein de Commonwealth si le pays se portait candidat, a annoncé le ministère des affaires étrangère britannique, dans un communiqué cité par l'Afp.

 

En novembre dernier, Robert Mugabe, après avoir fermement tenu le pouvoir pendant plus de 37 ans, a été remplacé par celui qui a longtemps été vu comme son dauphin et qu'on surnomme à Harare «le crocodile», Emmerson Mnangagwa. La stabilité de la Zanu-PF, le parti fondé par Robert Mugabe, semble assurée à la tête de l'Etat. Après avoir été adoubé avec son parti, Emmerson Mnangagwa est officiellement investi président du Zimbabwe le 24 novembre dernier.

Critiquant sur la forme les dérives dictatoriales de son prédécesseur, qu’il qualifie de «père de la nation», le nouveau chef du pays a néanmoins promis le «début d’une nouvelle démocratie». Face à une faible croissance et à un taux de chômage élevé dans le pays, l'enjeu est d’améliorer les relations internationales et de développer les investissements étrangers au Zimbabwe selon Virginie Roiron. Elle est maître de conférences en civilisation britannique à Sciences Po Strasbourg et spécialiste du Zimbabwe.

Entretien avec Virginie Roiron, maître de conférences en études britanniques à Sciences Po Strasbourg et spécialiste du Zimbabwe

 

27 avril 2018, 08:48