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Des religieuses portant un drapeau de la Birmanie lors de la prière du Regina Caeli, sur la Place Saint-Pierre, le 25 avril 2021. Des religieuses portant un drapeau de la Birmanie lors de la prière du Regina Caeli, sur la Place Saint-Pierre, le 25 avril 2021. 

La messe du Pape pour la Birmanie, une occasion de réveiller le reste du monde

À quelques jours de la messe que le Pape célèbrera avec les Birmans de Rome, le père Maurice Moe Aung, des Missionnaires de la Foi, appelle à la solidarité avec son pays d’origine.

Antonella Palermo - Cité du Vatican

Lorsqu’il prononce le mot "dictature", sa voix se noue. Son cœur et ses pensées sont constamment liés à son pays natal, la Birmanie, où, selon les données les plus récentes, 5 % de la population est chrétienne, dont environ 700 000 catholiques. Le père Maurice Moe Aung est un prêtre catholique birman de la Congrégation des Missionnaires de la Foi. Il a quitté son pays il y a trente ans pour étudier la philosophie et la théologie à Rome, puis il est rentré en Birmanie.

Ces dernières années, il se trouve de nouveau en Italie où il est vicaire de l'église Mère de la Divine Grâce à Ponte Galeria, dans l’agglomération de Rome. Né dans l'État de Kayah, à la frontière avec la Thaïlande, il a connu le travail des PIME, qui ont donné un grand élan à l'évangélisation dans ce pays asiatique.

Aux racines de l'Église birmane

Lors d'une rencontre en ligne avec quelques journalistes, le père Maurice a offert un résumé de l'Église catholique en Birmanie, en remontant au cœur de la première mission catholique au centre du pays, au XVIe siècle.

Les barnabites, les franciscains, et les jésuites furent parmi les premiers missionnaires à s’y déployer. Au XIXe siècle, des écoles et des hôpitaux ont été fondés. Le premier séminaire, toujours en activité, a été fondé par la Compagnie de Jésus. Mais dans la deuxième moitié du XXe siècle, le régime militaire, sans pour autant éteindre totalement l’action de l’Église comme ce fut le cas dans des régimes encore plus autoritaires comme la Corée du Nord, a largement réduit son périmètre d’action.

«En 1962, lorsque le gouvernement militaire est devenu socialiste, toutes les structures ont été nationalisées. Lorsque les missionnaires ont été expulsés, les prêtres locaux ont dû prendre en charge l'évangélisation, avec un grand sens des responsabilités», explique le père Maurice. Ce n'est qu'en 2005 que la première assemblée nationale de l'Église catholique a pu avoir lieu. «Nous sommes devenus persécutés et pauvres. Nous n'avions pas de voix», se souvient le religieux.

La visite du Pape: une lumière pour le pays

«La visite du Pape en 2017 a été une lumière pour le pays», souligne le Père Maurice, précisant qu'il s'agissait d'un témoignage de foi, avec un grand impact social et des expressions évidentes d'attention envers le peuple birman. Ce voyage qui avait pris la forme d’une véritable «fête du dialogue interreligieux» fut une occasion d’apporter solidarité et compassion pour toute la population de Birmanie, en particulier envers les personnes marginalisées.

«Ce n'est qu'après la visite du Pape que le catholicisme a été vraiment apprécié» par les autorités et l’opinion publique, explique le père Maurice, précisant qu'après 1965, il n'était plus possible de collaborer entre les différents diocèses. Les activités étaient très limitées à de petites cliniques, des orphelinats.

En vue de la préparation de la messe qui sera présidée par le Pape François dans la basilique Saint-Pierre pour les fidèles catholiques birmans de Rome, ce dimanche 16 mai, la diaspora s'est retrouvée plus unie, rapporte le prêtre. «Les Birmans en Italie sont principalement des étudiants. Les communautés religieuses sont nombreuses et puis il y a les laïcs qui travaillent», souligne-t-il.

Et il invite surtout le reste du monde à garder les yeux ouverts sur la situation en Birmanie: «L'Asie du Sud-Est a beaucoup souffert. Cambodge, Vietnam, Birmanie. Nous ne pouvons plus attendre. Le monde doit nous aider, avec détermination.»

 

13 mai 2021, 15:51