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Un artisan bethléémite sculpte une crèche en bois d'olivier Un artisan bethléémite sculpte une crèche en bois d'olivier  (AFP or licensors)

Noël: soyons attentifs aux signes de la présence de Dieu, invite Mgr Pizzaballa

Pour le patriarche latin de Jérusalem, ces temps troublés, et par bien des aspects déconcertants, placent les croyants face à un choix: se laisser submerger par les fatigues du monde et ses logiques de pouvoir ou scruter la réalité avec «les yeux de l’Esprit» pour reconnaitre la présence de Dieu parmi les hommes.

Force est de constater que le climat de joie propre à cette période n’est pas au rendez-vous cette année, constate d’entrée Mgr Pizzaballa. La Terre Sainte s’est vue désertée depuis des mois par les pèlerins, de nombreuses personnes ont perdu leur travail et peu de fidèles pourront participer aux célébrations liturgiques. «En somme, nous vivons un Noël profil bas, à oublier».

Paralysés par la peur

«Cette année 2020 a été marquée par la peur: la santé, l’économie, et aussi la politique... tout semble avoir été renversé par ce petit mais puissant virus, qui a anéanti en peu de temps nos projets et qui nous laisse désorientés» poursuit le patriarche latin de Jérusalem, qui souligne combien il est difficile, dans un tel contexte, de s’affranchir de cette peur tenace, que les yeux du corps s’obstinent à fixer.

Il est donc temps d’ouvrir plutôt les yeux de l’esprit, car eux savent voir «les signes que Dieu donne à l’homme: les signes de Sa présence, de Sa force cachée et de Son royaume qui surgissent en nous quand nous Lui laissons de la place». Loin des manifestations puissantes et visibles de force, le signe de l’avènement du Royaume de Dieu se révèle dans un petit enfant reposant sur la paille d’une mangeoire.

«Mais c’est un signe que nous pouvons facilement laisser échapper, nous pouvons passer à côté de lui sans même nous en rendre compte, parce que nous sommes tellement submergés par nos angoisses et nos peurs, que nous nous enfermons volontiers dans nos perspectives humaines et que nous ne nous rendons pas compte de sa présence. (…) La peur nous empêche de nous ouvrir et ainsi nous devenons stériles, au lieu de répondre à notre appel à devenir porteurs de Dieu», affirme l’archevêque latin de la Ville trois fois sainte.

Que voient nos yeux aujourd'hui?

«Jésus est venu pour renverser nos pensées, pour surprendre nos attentes, pour secouer notre existence... pour nous réveiller de l’illusion que tout est connu, que tout est sous contrôle, que le découragement est la seule réponse logique à la triste réalité de notre monde». Aussi, à l’image des bergers, sommes-nous invités à nous laisser guider par l’Esprit pour reconnaitre le signe de la présence de Dieu. Car c’est un choix crucial qui se pose aux croyants: «soit nous nous limitons à regarder notre réalité du monde d’aujourd’hui, avec ses logiques de pouvoir et d’épouvante, soit nous apprenons à scruter au-delà et avec les yeux de l’Esprit et à reconnaître la présence du Royaume parmi nous. Soit nous laissons place à la frustration et aux fatigues du monde, soit nous nous rendons capables, malgré tout, de joie et d’amour. Que voient nos yeux aujourd’hui ? Quelle présence ? Sommes-nous comme les bergers capables d’aller au-delà de l’apparence et de reconnaître l’œuvre de Dieu dans le monde ?»

Et le patriarche de conclure : «Si nous décidons de célébrer Noël cette année encore, c’est parce que nous croyons qu’il est né et qu’il est présent. Il nous revient maintenant de devenir le signe d’une grande joie, la joie de l’Emmanuel - Dieu avec nous - et de devenir témoins de cette joie à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre” (Actes 1, 8)».

23 décembre 2020, 13:49