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Habitations de fortune où se réfugient des villageois frappés par les inondations, dans l'État d'Assam, le 14 juillet 2020 Habitations de fortune où se réfugient des villageois frappés par les inondations, dans l'État d'Assam, le 14 juillet 2020  (ANSA)

En Inde, l’Église peine à apporter de l'aide aux victimes des inondations

La quarantaine imposée par le gouvernement indien pour enrayer la propagation de la pandémie de coronavirus et le manque de fonds sont autant de difficultés pour l’Église qui tente de porter secours à l'État d'Assam, dans le nord-est de l'Inde, frappé par les inondations.

Selon UCA News, 3,6 millions de victimes et 66 morts ont été recensés le 16 juillet suite aux inondations en cours dans le nord-est de l’Inde. Le service météorologique local a annoncé de fortes précipitations et une nouvelle aggravation de la situation dans les prochaines heures.

«Les pluies torrentielles et les inondations sont un phénomène annuel, mais cette année a battu tous les records», a déclaré hier à UCA News Mgr Thomas Pullopillil, évêque du diocèse de Bongaigaon, en soulignant que le gouvernement et les agences ecclésiastiques font tout leur possible pour faire face à la catastrophe.

«Malheureusement, a poursuivi le prélat, nous ne pouvons plus faire grand-chose pour les personnes en difficulté, car nos fonds ont été dépensés pour nourrir les travailleurs migrants bloqués et d'autres pauvres pendant la quarantaine dûe à la Covid-19».

Peu de moyens d'action 

Allen Brooks, porte-parole du Forum chrétien de l'Assam - organisation qui regroupe les Églises confessionnelles chrétiennes de la région, basée à Guwahati, la capitale commerciale de l'État -, a quant à lui expliqué à UCA News comment les dirigeants de l'Église - toutes confessions confondues - ont récemment fait le point sur la situation que traverse la population de l’Assam.

«De nombreux pasteurs n'ont pas touché leur salaire au cours des trois derniers mois» et «tous sont confrontés à de graves problèmes financiers», a-t-il précisé. De plus, étant contraints de rester chez eux, ils ne peuvent pas aider ceux qui sont en difficulté.

Les responsables religieux ont donc décidé de collecter de l'aide par le biais des Églises locales et de «faire tout ce qui est possible pour ceux qui se trouvent dans leur voisinage», a déclaré Allen Brooks, accusant le gouvernement de ne pas avoir réparé les digues cette année, ce qui, selon lui, a aggravé la situation.

Mgr Pullopillil, a de son côté regretté que «l'État [d’Assam] reçoive aucune attention dans les nouvelles nationales, malgré une si grande calamité». Le mois prochain sera probablement l'un des pires de la saison des pluies, a-t-il averti, et «si la situation continue comme cela, nous ne savons pas comment ça va se terminer».

17 juillet 2020, 12:54