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Dans un camp de personnes migrantes et réfugiées sur l'île grecque de Lesbos, où des cas positifs à la Covid-19 ont été détectés - le 13 mai 2020 Dans un camp de personnes migrantes et réfugiées sur l'île grecque de Lesbos, où des cas positifs à la Covid-19 ont été détectés - le 13 mai 2020 

À Rhodes, les frères de la Custodie de Terre Sainte auprès des plus démunis

Soutenir matériellement et spirituellement les nombreux personnes pauvres et réfugiées qui passent sur l'île grecque de Rhodes en espérant un jour rejoindre un autre pays d’Europe: c'est le défi relevé par les frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte présents sur place. Une mission qui se déploie davantage en cette période de pandémie.

L’Osservatore Romano

En ce moment, les frères franciscains relèvent le défi de l’accueil au moyen d’“armes” très simples et concrètes. Comme par exemple un poulailler, pour la production quotidienne d'œufs frais. Et la remise en service d'une vieille machine, utilisée jusqu'au début des années 1990, pour la production d’hosties. Les frères ont en effet recommencé à les produire eux-mêmes pour les célébrations eucharistiques, qui commençaient à devenir rares en raison des restrictions imposées face à l'urgence de la Covid-19.

Une solidarité inventive

Sur l'île, rapporte le site de la Custodie de Terre Sainte, les frères s'engagent à aider ceux qui, fuyant les guerres et les persécutions, arrivent pour rejoindre l'Europe, et en cette période, beaucoup d'activités étant à l’arrêt, ils ont dû faire un effort pour pourvoir à ce qui manquait.

«Pour le Jeudi Saint, explique le frère John Luke Gregory, vicaire général de l'archidiocèse de Rhodes, nous avons pour la première fois produit, fabriqué et préparé des hosties ici. En raison de la pandémie de coronavirus, il y a moins de chances de recevoir des marchandises par cargos, nous avons donc redécouvert nos "origines": non seulement nous produisons des hosties, mais suite à l'invitation du custode de Terre Sainte à prendre un chemin plus indépendant, nous avons augmenté les cultures dans notre jardin». Les frères ont donc aussi construit un poulailler pour avoir des œufs frais. «Les pauvres restent avec nous, les réfugiés restent avec nous, poursuit le frère Gregory, et nous avons donc réfléchi à la façon de continuer à donner de la nourriture et un soutien à ces personnes. Nous nous sommes demandés, comme les frères d’autrefois, comment aider les gens», ajoute le franciscain, racontant la redécouverte de cette machine pour la fabrication d’hosties, qui fonctionne à nouveau depuis quelques semaines.

Sur l'île, les frères continuent quotidiennement à offrir leur aide aux pauvres et aux réfugiés. «Le "pain des anges", si important dans les célébrations, comme celle du Jeudi Saint, conclut le Vicaire général de l'archidiocèse de Rhodes, nous rappelle le moment où Jésus a distribué le pain, son Corps pour nourrir ses disciples et tous les hommes, hier comme aujourd'hui».

La nécessité d’une Europe unie

Actuellement, sur l'île de Rhodes, à la fois lieu de frontière et laboratoire de paix, il y a peu de cas de coronavirus et chacun espère que le nombre de personnes infectées n'augmentera pas au fil des jours, afin d’éviter d'aggraver la situation économique difficile dans le pays. Outre le travail caritatif des frères franciscains, on peut aussi mentionner l'activité de Caritas Grèce, toujours en première ligne pour aider les pauvres et les sans-abri. «Nous essayons de garantir une aide matérielle aux plus nécessiteux et aux plus vulnérables, témoigne ainsi auprès de l'agence Sir le père Antonio Voutsinos, président de Caritas Hellas, nous n'avons pas suspendu nos programmes d'aide. Nous continuerons aussi loin que possible, mais nous avons plus que jamais besoin d'une Europe solidaire et unie dans les choix à faire».

Aux yeux du père Voutsinos, bien que la Grèce ait répondu de manière adéquate à la crise sanitaire, il est nécessaire d'affronter cette période dans l'unité et la solidarité, en particulier vis-à-vis des personnes dans le besoin, comme les pauvres et les migrants. La Grèce compte environ cent mille demandeurs d'asile sur son territoire, et la majeure partie d’entre eux, plus de trente-six mille, se concentre sur les îles de la mer Égée, comme Chios, Samos et Lesbos. Sur cette dernière île, on compte plus de vingt mille personnes, dont dix-huit mille dans le seul hotspot de Moria, qui a une capacité de moins de trois mille places. «Une épidémie dans les camps de personnes déplacées, prévient le prêtre, serait une catastrophe». Ce qui aide la Grèce à faire face à cette urgence coronavirus, reconnaît le président de Caritas, c'est aussi «la résilience des Grecs, mûrie pendant les dures années de la crise. Nous avons tous immédiatement respecté les restrictions du gouvernement, jugeant ces sacrifices nécessaires, et pas seulement inévitables», conclut-il.

 

15 mai 2020, 15:34