Recherche

Vatican News
Des travailleurs migrants indiens sur le chemin du retour vers leur village, près de Bhopal dans l'État de Madhya Pradesh, le 11 mai 2020. Des travailleurs migrants indiens sur le chemin du retour vers leur village, près de Bhopal dans l'État de Madhya Pradesh, le 11 mai 2020.   (ANSA)

En Inde, l’aide des jésuites aux travailleurs migrants immobilisés

En raison du strict confinement en vigueur en Inde jusqu’au 17 mai, blocus qui a interrompu toutes les activités de transport et de production, près de 40 millions de personnes, pour la plupart des travailleurs journaliers, se sont retrouvées sans emploi, sans argent et sans nourriture, dans des centaines de villes du pays.

Le père David Solomon, du centre social de Bagaicha à Ranchi, dans l'État de Jarkhanda, a lancé une initiative, qui s'étend maintenant à l'ensemble du pays, pour aider les travailleurs migrants, «ayant trouvé des millions d'entre eux», «bloqués dans leur poste de travail dans plusieurs États en raison de la quarantaine», a-t-il déclaré à UCA News, l’agence[d1]  de presse catholique en Asie.

Des travailleurs migrants bloqués dans d'autres États

«Près d'un million de personnes du Jharkhand à elles seules travaillent en dehors de cet État», explique le jésuite, précisant: «Nous avons été inondés de demandes d'aide, et nous avons été surpris de pouvoir atteindre plus de 4 000 personnes».

En utilisant une plateforme sociale, ajoute le père Solomon, tous les instituts jésuites et les centres de travail social ont été contactés et ont ensuite, avec d'autres organisations de la société civile, tenté d'entrer en contact avec les migrants bloqués. 

 

Le plan initial était de rassembler des détails sur les personnes en difficulté et de les transmettre aux administrations locales, car la plupart des migrants, en particulier ceux qui travaillent dans les États du sud, ne parlent pas les langues locales, clairement différentes de l'hindi. Le réseau a donc contribué à atteindre les personnes bloquées dans les rues et les gares routières, a détaillé le prêtre jésuite.

Le pays est à l'arrêt

Dans un de ces cas, Sandeep Sadu Atala, un homme du district de Gadchiroli dans l'État du Maharashtra, a appelé les jésuites du Tamil Nadu dans le sud, disant qu'il avait été laissé avec d'autres dans une station-service par ses employeurs après l'annonce du confinement. Ne connaissant pas la langue tamoule locale, ne sachant pas comment se présenter à la police, ils seraient tous morts de faim si un prêtre n'était pas venu à leur secours, a déclaré cet homme à UCA News.

«Notre employeur nous a laissés dans la rue», a poursuivi Atala. «Nous avons dormi sur le sol d'une station-service pendant deux semaines jusqu'à ce que ce prêtre totalement inconnu vienne à notre secours». Le réseau jésuite a en effet transmis l'information au père Sahaya Philomin Raj, dans le Tamil Nadu, qui, après avoir contacté Atala, ses compagnons et la police locale, les a sauvés.

2 000 cas par jour 

Dans le deuxième pays le plus peuplé du monde, les jésuites indiens ont ainsi réussi à prêter main forte aux gouvernements et aux administrations locales, dont le système n'aide pas les migrants sans certificat de résidence dans l'État, qui leur permet de recevoir une aide du gouvernement.

Après près de six semaines de strict confinement, l’Inde, avec plus d’1,3 milliard d’habitants, compte 52.987 cas enregistrés et déplore 1.323 décès. Tous les jours, plus de 2.000 nouveaux cas de contamination seraient enregistrés. Alors que certains remettent en cause ces chiffres étrangement bas, le gouvernement, lui, se félicite de la gestion de la crise sanitaire. Depuis le 25 mars, tout le pays est à l’arrêt. Tous les transports ont été immobilisés, et c’est ainsi que des millions de migrants intérieurs n’ont pu rejoindre leurs villages, provoquant des scènes de chaos, notamment dans la capitale, New Delhi.

11 mai 2020, 16:39