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Un pompier lutte contre les flammes au Brésil - 21 août 2019 Un pompier lutte contre les flammes au Brésil - 21 août 2019 

Les évêques d’Amérique Latine s’alarment face aux incendies en Amazonie

Alors que de violents incendies ravagent l’Amazonie et d’autres régions du monde, la présidence du Conseil Épiscopal Latino-Américain (CELAM) a publié ce 22 août un message pour exprimer son inquiétude et demander l’action rapide des gouvernements et de la communauté internationale.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

“Élevons la voix pour l’Amazonie”, ainsi s’intitule le message signé par les cinq principaux responsables du CELAM – Mgr Miguel Cabrejos Vidarte (Pérou, président du CELAM), le cardinal Odilo P. Scherer (Brésil), le cardinal Leopoldo J. Brenes (Nicaragua), Mgr Rogelio Cabrera Lopez (Mexique) et Mgr Juan Carlos Cardenas (Colombie).

«Si l’Amazonie souffre, le monde souffre»

Informés des «terribles incendies qui brûlent de larges portions de la flore et de la faune en Alaska, au Groenland, en Sibérie, aux îles Canaries, et particulièrement en Amazonie», les prélats veulent exprimer leur «préoccupation  face à la gravité de cette tragédie qui n’a pas seulement un impact local, ni même régional, mais des proportions planétaires».

Ils demandent ensuite aux gouvernements des pays situés sur le territoire de la forêt amazonienne, en particulier «le Brésil et la Bolivie», ainsi qu’aux «Nations Unies et à la communauté internationale de prendre des mesures sérieuses pour sauver le poumon de la planète. Ce qui se passe en Amazonie n’est pas une affaire seulement locale, mais de portée mondiale», insistent-ils. «Si l’Amazonie souffre, le monde souffre», résument les évêques.

Solidarité avec les peuples indigènes

Ils évoquent également le prochain Synode sur l’Amazonie, qui suscite de «l’espérance». Une espérance toutefois «ternie par la douleur provoquée par cette tragédie naturelle». «À nos frères les peuples indigènes qui habitent ce territoire bien-aimé, nous exprimons toute notre proximité et nous unissons notre voix à la leur, pour crier au monde [en demandant] la solidarité et une prompte attention, afin d’arrêter cette dévastation», peut-on lire.

En conclusion de leur message, les prélats latino-américains rappellent les mots du Pape François, prononcés lors de l’homélie de la messe solennelle d’inauguration de son pontificat: «Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté: nous sommes “gardiens” de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde !».

Hausse exponentielle du nombre de départs de feu

Les incendies qui touchent la forêt amazonienne depuis début juillet sont d’une ampleur exceptionnelle. Les feux ont gagné en intensité ces derniers jours, notamment au Brésil, qui possède 60% de la surface du “poumon vert” de la planète. Pour l’heure, il n'est pas possible d'évaluer l'étendue des dégâts. Plusieurs régions sont concernées, comme l'État de Rondonia, celui d'Amazonas, de Roraima ou encore l'État du Mato Grosso. Le 19 août dernier, la ville de Sao Paulo s'est même retrouvée dans le noir, en plein jour, en partie en raison des fumées.

Le phénomène des incendies enregistre une croissance inquiétante au Brésil: selon des chiffres de l'Institut national de recherche spatiale (INPE), depuis janvier 2019, 72 843 départs de feu ont été enregistrés dans le pays, contre 39 759 en 2018, soit une augmentation de 83%. La progression de la déforestation et une importante sécheresse expliqueraient en grande partie cette hausse.

En Amérique du Sud, le Brésil est le pays le plus touché par les feux de forêt en 2019, suivi par le Venezuela (26 453) et la Bolivie (16 101), d’après les chiffres donnés par BFM TV.

 

22 août 2019, 17:17