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Des habitants du quartier musulman du PK5 de Bangui, la capitale centrafricaine. Des habitants du quartier musulman du PK5 de Bangui, la capitale centrafricaine.   (AFP or licensors)

Centrafrique: l’archevêque de Bangui lance un nouveau cri d’alarme

Au cours d’une conférence tenue ce lundi matin, le cardinal Nzapalainga a fait le bilan de son récent voyage à Alindao, théatre d’un nouveau massacre dans le pays.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

«Nous ne pouvons pas nous taire», telle est la détermination du cardinal Dieudonné Nzapalainga, qui aux côtés de son ami l’imam de Bangui a rencontré les journalistes ce lundi matin à Bangui. Il est venu faire le point sur les violences qui déchirent le pays, surtout après le massacre d’Alindao qui mi-novembre a provoqué la mort d’une soixantaine de personnes. Ces violences qui ont opposé des milices antibalaka, autoproclamées d'autodéfense, à des combattants du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC). L’évêché de la ville a également été pris pour cible, deux prêtres ayant été tués. 

 

Pour l’archevêque de Bangui, ces violences sont l’objet d’un groupe armé qui agit dans l’impunité et terrorise la population. Il est également sévère sur l’incapacité des autorités centrafricaines comme celles de la communauté internationale à protéger les civils du pays. La situation humanitaire dans certaines régions du pays est critique, de nombreux enfants notamment souffrent de malnutrition. Comme il l’a déjà fait plusieurs fois par le passé, le cardinal Nzapalainga dénonce les instrumentalisations de ces violences « à l’intérieur comme à l’extérieur du pays » et souhaite interpeller la communauté internationale sur le sort des populations les plus vulnérables.

Pas de violences interreligieuses

Ce lundi matin lors de la conférence de presse, il était accompagné par l’imam de Bangui, Oumar Kobine Layama, avec qui, main dans la main depuis plusieurs années, il sillonne le pays pour expliquer que les violences en Centrafrique ne sont pas d’ordre religieuses et ne sauraient être justifiées au nom de Dieu. Dans un communiqué publié le 24 novembre, la Conférence épiscopale centrafricaine (CECA) rappelait que la Constitution du pays du 30 mars 2016 stipule dans son premier article que « la personne humaine est sacrée et inviolable ».

Les évêques invitaient également à décréter la journée du 2 décembre prochain, lendemain de la fête nationale comme un jour de « lamentations et de prière » pour toutes les victimes des massacres commis dans le pays.

Nous avons joint à Bangui le cardinal Nzapalainga peu après la conférence de presse.

Entretien avec le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui
26 novembre 2018, 15:09