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Le cardinal Sergio da Rocha, président de la Conférence épiscopale brésilienne. Le cardinal Sergio da Rocha, président de la Conférence épiscopale brésilienne. 

Au Brésil, l’offensive télévisée des évêques en vue de la présidentielle

L’épiscopat brésilien lance un programme télévisé spécial intitulé «Église au Brésil» en vue de l’élection présidentielle d’octobre 2018.

Guider la conscience et les cœurs des candidats à l’élection autant que ceux des électeurs. Telle est l’ambition de la Conférence épiscopale brésilienne en lançant une émission télévisée spécialement dédié au scrutin présidentiel des 7 et 28 octobre prochain au Brésil.

À l’antenne le 15 août

Produit par l’équipe presse de la conférence épiscopale, l’émission «Eglise au Brésil», dont les épisodes devraient durer une vingtaine de minutes, démarrera dès le 15 août sur les principaux canaux de télévision catholiques du pays comme Rede Vida, Aparecida, Canção Nova , Evangéliser, Horizons, Immaculée Conception, Nazareth ou encore 21ème Siècle. 

L’un des principaux interviewés sera le cardinal Sergio da Rocha, archevêque de Brasilia et président de la Conférence épiscopale. Il exhorte les Brésiliens à abandonner l’intolérance, le découragement et le désenchantement avec la politique. «Le chrétien doit toujours chercher la vérité, et ne pas être guidé par de fausses nouvelles, des informations qui finissent souvent par détruire les personnes», affirme par exemple le cardinal brésilien.  

Lutter contre la corruption

La production télévisée des évêques compte également recueillir des témoignages de sensibilisation sur la corruption. «Ce que nous remarquons, c’est que le cancer social de la corruption a jeté le discrédit, non seulement sur les hommes politiques, mais aussi sur la politique elle-même. Quelques groupes commencent donc déjà à penser à se tourner vers l’autoritarisme, vers un régime dictatorial pensant que tout sera résolu ainsi», confie Mgr Murilo Krieger, archevêque de Salvador (Etat de Bahia au nord-est du Brésil).

Un scrutin à suspens

La lutte anti-corruption est par exemple un thème dont s’est déjà emparé Jair Bolsonaro, candidat de l’extrême droite populaire auprès des jeunes et des plus fortunés se présentant comme un «Donald Trump brésilien», et qui arriverait en tête des sondages dans l’optique où l’ancien président Lula ne pourrait pas se représenter.

L'ex-président Lula, âgé de 72 ans, purge actuellement une peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba (au sud du pays) pour corruption passive et blanchiment d'argent. En prison depuis avril, il peut encore être autorisé à participer au scrutin, quoique cette option soit jugée peu probable par la plupart des analystes politiques. Ce scrutin d'octobre est donc un des plus incertains des dernières décennies au Brésil.

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03 août 2018, 16:59