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Le cardinal brésilien Orani João Tempesta, archevêque de Rio, en compagnie du cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le Service du Développement humain intégral. Le cardinal brésilien Orani João Tempesta, archevêque de Rio, en compagnie du cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le Service du Développement humain intégral.  

Les évêques brésiliens mobilisés contre la dépénalisation de l’avortement

La légalisation de l'avortement va à nouveau s’inviter dans la vie politique brésilienne à l’occasion d'une audience publique à la Cour suprême fédérale, convoquée du 3 au 6 août prochain par la ministre Rosa Weber. L'Église brésilienne fait plus que jamais appel à défendre la vie.

Silvonei Protz - Cité du Vatican

La dépénalisation de l'avortement jusqu'à douze semaines de grossesse pourrait bientôt entrer en vigueur au Brésil. Pour l'archevêque de Rio de Janeiro, le cardinal Orani João Tempesta, pareille loi irait «à l’encontre de la Constitution brésilienne fondée sur  l'inviolabilité de la vie humaine», déclare-t-il à Vatican News. 

La commission pour la pastorale et la famille de l’épiscopat brésilien a d’ailleurs réaffirmé la position très claire de l’Eglise à ce sujet: «défendre l'intégrité, l'inviolabilité et la dignité de la vie humaine, depuis sa conception jusqu'à la mort naturelle».

Une prière au pied du Christ rédempteur le 2 août

De nombreuses initiatives essaiment ces derniers jours dans le pays pour lutter contre cette proposition de dépénalisation. Le 2 août prochain, jour du Pardon d'Assise, la prière du chapelet de la Divine Miséricorde se tiendra au pied du monument du Christ Rédempteur de Rio, et toutes les cloches des églises de l'État de Rio retentiront pour attirer l'attention sur «ce moment grave que connaît le pays».

«Nous sommes en faveur de la culture de la vie, et en tant que citoyens, nous avons le droit de nous faire entendre», ont écrit les évêques dans une note de la Commission pour la vie pastorale et la famille de la conférence épiscopale intitulée «Avortement et démocratie».

Un débat parlementaire plutôt que judiciaire

Les deux points essentiels du document s’articulent autour de la défense de la vie à chaque étape, et de la protection du système démocratique. Sur le premier point, les évêques rappellent qu’ «il est urgent de lutter contre les causes de l'avortement, à travers la mise en œuvre des politiques publiques qui aident efficacement les femmes dans le domaine de la santé, la sécurité, l'éducation sexuelle, en particulier dans les régions pauvres du Brésil».

Les évêques rappellent aussi que «l'Église aide les plus vulnérables des plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants à naître sans défense». En ce qui concerne la protection du système démocratique, les évêques soulignent l'importance du débat parlementaire, mentionnant que la population avait toujours rejeté les tentatives de légalisation de l'avortement ces dernières années. Malgré cela, les propositions de loi persistent, «violant toutes les règles de la démocratie, car elles passent par une autorité judiciaire et non parlementaire», déplorent les évêques, plaidant pour un retour du débat parlementaire sur ces questions.

En Amérique latine, l’avortement est entièrement légal dans trois pays: le Guyana, la Guyane française, et l’Uruguay, ainsi que dans la capitale fédérale du Mexique, Mexico.

31 juillet 2018, 17:15