Cerca

Vatican News
La Knesset, le Parlement israélien. La Knesset, le Parlement israélien.  (AFP or licensors)

Le patriarcat latin de Jérusalem condamne la loi israélienne sur "l'Etat-nation"

En Israël, la loi sur l’Etat-nation est «source de grande inquiétude» : dans un communiqué à la tonalité très ferme, le patriarcat latin de Jérusalem fustige la nouvelle Loi fondamentale approuvée le 19 juillet dernier par la Knesset, la qualifiant d’ «exclusive», «politisée» et «discriminatoire ».

Cette loi, qui définit Israël comme Etat-nation du peuple juif, «néglige de garantir constitutionnellement les droits des populations locales et des autres minorités qui vivent dans le pays», constate le communiqué publié ce lundi. Et de fait, la minorité arabe israélienne, -et qui représente pourtant 20% de la population-, n’est absolument pas mentionnée dans ce nouveau texte. En outre, la langue arabe n’est plus considérée comme «langue officielle», et se voit promettre un vague «statut spécial» non encore clairement défini. «Il est inconcevable qu’une loi à valeur constitutionnelle ignore un segment entier de la population comme si ces membres n’avaient jamais existé», déplore le patriarcat latin, se joignant ainsi au concert de protestations suscitées par la promulgation de cette nouvelle loi fondamentale. C’est un «signal sans équivoque qui est envoyé aux Palestiniens citoyens d’Israël, à savoir qu’ils ne seraient pas chez eux dans ce pays».

 

Pour le patriarcat latin, ce texte contrevient à la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies, mais aussi à la déclaration d’indépendance d’Israël, dans laquelle les pères fondateurs s’engageaient solennellement à favoriser le bien de tous les habitants de l’Etat, juifs et arabes, et à garantir à tous une égalité de droits politiques et sociaux, sans discrimination de sexe, d’origine ou de religion.

Or la présente loi «affirme qu’il n’y a pas égalité de droits entre juifs et arabes, et refuse de reconnaitre l’existence même de ces derniers», assène le patriarcat. Or, «tout Etat comportant en son sein de grandes minorités a le devoir de reconnaitre leurs droits collectifs et de reconnaitre la préservation de leur identité collective, incluant leurs traditions religieuses, ethniques et sociales».

Les citoyens chrétiens d’Israël ainsi que les communautés non-juives qui y résident, partagent les mêmes inquiétudes, conclut le communiqué, qui en appelle à tous les citoyens «qui croient encore au concept fondamental d’égalité entre citoyens de la même nation», à manifester leur opposition à cette loi et «à avertir des dangers qui en émanent pour le futur de ce pays».

30 juillet 2018, 16:18