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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou durant la session de la Knesset sur la nouvelle Loi fondamentale, le 18 juillet 2018. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou durant la session de la Knesset sur la nouvelle Loi fondamentale, le 18 juillet 2018.  (AFP or licensors)

Israël : une nouvelle Loi fondamentale fragilise le pluralisme

La nouvelle Loi fondamentale adoptée par le Parlement israélien jeudi 19 juillet et qui confirme le caractère juif de l’Etat d’Israël suscite de vives critiques dans le pays. Décryptage avec le père David Neuhaus, sj.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican

Ce nouveau texte, adopté par 62 voix contre 55, rejoint le corpus de Lois fondamentales dont dispose l’État hébreu depuis sa création, à défaut d’une constitution. En pratique, elle stipule qu’Israël est «l’État-nation du peuple juif, où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique ainsi que son droit à l’autodétermination» ; une disposition en soi pas nouvelle, puisqu’elle figurait déjà dans la déclaration d’indépendance de 1948, mais qui se voit ici renforcée. Elle rappelle également les symboles nationaux d’Israël, -le drapeau, l’hymne, la ménorah à sept branches-, ou encore les liens qui l’unissent à la diaspora juive, et l’importance de les renforcer.

Aucune mention en revanche du caractère «démocratique» de l’Etat, ni de la minorité arabe, qui représente tout de même 20% de la population ; la langue arabe perd d’ailleurs son statut de langue officielle, bien que restant toujours en usage dans l’administration. L’article relatif à Jérusalem, proclamée capitale de l’Etat nonobstant la position internationale sur le sujet, est également sujet à controverse.

Si Benjamin Netanyahu se félicite d’un «moment décisif» dans l’histoire du pays, nombreux sont ceux qui s’inquiètent d’un texte qui ancre dans la loi l’inégalité entre citoyens.

L’analyse du père David Neuhaus sj, professeur de Bible à l’Université de Bethléem. Pour lui, cette loi symbolique met en exergue la contradiction d’un Etat qui se veut à la fois «juif» et «démocratique».

Entretien avec le père David Neuhaus
20 juillet 2018, 18:45