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Père Fulgence Ratsimbazafy, Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar (Ph.: JP Bodjoko, SJ/Vativannews) Père Fulgence Ratsimbazafy, Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar (Ph.: JP Bodjoko, SJ/Vaticannews)  ( JP Bodjoko, SJ)

Madagascar : La vie et les œuvres des Jésuites

Lors de son voyage apostolique à Madagascar, le Pape a rencontré les membres de la Compagnie de Jésus, dont il est lui-même membre. Le Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar revient sur cette rencontre et parle du travail des jésuites dans la grande Ile.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ – Cité du Vatican

Le Père Fulgence Ratsimbazafy, Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar décrit la rencontre du Pape avec ses confrères jésuites à Antananarivo la capitale malgache, comme ayant été « un moment de joie et de grâce, mais aussi de grande émotion pour les confrères dans une ambiance fraternelle ».
En outre, dans l’un de ses discours à Madagascar, François avait fait référence au Père Antoine de Padoue Rahajarizafy, premier provincial jésuite autochtone, évoquant le mot fihavanana. Cette allusion du Pape au Père Rahajarizafy, explique le Père Ratsimbazafy, démontre la particularité d’un homme « très connu dans le pays pour sa sagesse et son attachement à l’identité et la valeur culturelle malgache, le fihavanana. Ce mot traduit le soubassement, l’essence et l’identité même de la culture malgache. Il peut signifier la fraternité, l’amitié, la réconciliation, la solidarité, et la cohésion qui a été, pour ainsi dire, le leitmotiv du Père Rahajarizafy ». Ainsi, selon l’actuel Provincial des jésuites malgaches, en prononçant le fihavanana, le Saint-Père a touché à l’âme même malgache.

La province jésuite malgache, en marche vers son cinquantenaire

Le père Rahajarizafy, a été nommé comme premier Provincial autochtone en 1971. Ce qui signifie qu’en 2021, la province jésuite de Madagascar accomplira ses cinquante ans d’existence.
A cet effet, la préparation triennale à cet évènement a déjà débuté. « Nous avons déjà célébré la première année, dite des frères, puis la deuxième, l’année missionnaire, et la troisième année sera le sommet de la célébration du cinquantenaire de la province », a indiqué le Père Ratsimbazafy, Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar.

Quid de la visite du Pape à Madagascar ?

« Le pape est venu à Madagascar comme semeur de paix et d’espérance », soutient d’emblée le Père Ratsimbazafy qui a ensuite fait remarquer que cette visite n’avait pas seulement été pour les chrétiens catholiques, mais pour toute la nation. Il s’est agi d’une visite apostolique à un peuple qui a soif de paix et de développement au sens intégral du terme. Une visite qui a donné beaucoup d’enthousiasme, d’énergie, de motivation et d’inspiration pour la population malgache qui vit au quotidien des situations d’injustice sociale créées notamment par la corruption. C’est ce vice que François a entre autres pointé du doigt dans ses différentes adresses, invitant à le juguler.
Les jésuites malgaches, a rappelé le Père Ratsimbazafy, sont depuis toujours engagés à combattre les antivaleurs en assurant une éducation des consciences, en formant des personnes pour les autres. L’éducation donc, souligne-t-il, « tient une place importante dans notre mission et dans notre projet apostolique. La formation de la conscience, le sens du bien commun, du dialogue et une communication en vérité, ont une grande importance ». Le message du Pape, rassure le Père Ratsimbazafy, « aura une grande place dans notre mission pour sa continuité et sa pérennité ».

Que retenir de la compagnie de Jésus à Madagascar ?

« Tout d’abord, je suis très content de vous dire que nous avons actuellement à peu près 270 jésuites dans la province », informe le Supérieur Provincial des jésuites malgaches qui indique que les œuvres jésuites à Madagascar sont classées en 7 champs apostoliques, à savoir : la formation des jeunes qui vont prendre la relève de la mission à Madagascar ; la formation dans l’Eglise, qui concerne la formation des agents pastoraux comme les religieux, les séminaristes, les mouvements des jeunes comme les scouts, le réseau mondial prière du Pape, avec le mouvement eucharistique des jeunes, MEJ ; les aumôneries universitaires ; l’éducation primaire et secondaire, suivie de l’éducation supérieure ; l’apostolat des exercices spirituels ; l’apostolat social et écologique ; et pour conclure, l’apostolat de la première évangélisation des paroisses.
Le Père Ratsimbazafy fait toutefois observer que l’accomplissement de ces missions se réalise parfois dans de grandes difficultés. Ainsi par exemple, on trouve des « confrères jésuites qui travaillent dans des endroits très enclavés où il n'y a pas de routes, ni de sécurité et ils font ce qu’ils peuvent pour aider la population locale, pour proclamer la Bonne Nouvelle ».
En outre, les jésuites sont arrivés à Madagascar vers 1855, indique le Père Ratsimbazafy.

 

Le collège Saint –Michel, un symbole

Lors de sa visite, le Pape a rencontré les prêtres, les religieux, et les séminaristes au collège Saint-Michel, une école qui a formé beaucoup de malgaches. L’avenir d’un pays dépend de la valeur de l’éducation qu’on y donne, soutient le Père Ratsimbazafy qui rappelle qu’un pays ne peut se développer sans l’éducation. Le Collège Saint-Michel, un des cinq collèges des Jésuites à Madagascar, a, dans cette perspective, contribué à réaliser ce dessein en assurant la formation de tant de citoyens.
Fondé il y a 131 ans, ce collège qui compte de nos jours à peu près trois mille élèves et étudiants « est l’une des premières écoles en Afrique, qui a formé beaucoup de prêtres et évêques, des dirigeants de pays ainsi que diverses personnalités »

Etre jésuite à Madagascar

Être jésuite à Madagascar, déclare le Père Ratsimbazafy, c’est s’engager dans une mission reçue. Cette mission se traduit actuellement dans les préférences apostoliques de la Compagnie universelle, qui sont « une orientation donnée par le Saint-Père pour tous les jésuites du monde ».
Quand on parle de ces préférences apostoliques, précise le Père Ratsimbazafy, il s’agit d’abord de montrer la voie vers Dieu par les exercices spirituels et le discernement ; de marcher avec les pauvres dans un pays où la pauvreté est très élevée ; d’accompagner les jeunes pour un avenir meilleur - à noter que la population de Madagascar est majoritairement jeune.
Le Supérieur Provincial des jésuites à Madagascar se réjouit de ce que l’engagement de la Compagnie pour les jeunes est très « apprécié par l’Eglise locale avec les aumôneries que la Conférence épiscopale confie à la province et aux membres de la Compagnie ». Aussi, la collaboration avec les autres pour la sauvegarde de la maison commune est au cœur de l’apostolat des jésuites à Madagascar. Et le Père Ratsimbazafy de souligner en définitive que ce pays « est connu surtout pour sa biodiversité et sa beauté. C’est donc très important de travailler avec l’Eglise pour le soin de la maison commune ».

 

19 septembre 2019, 17:22