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La guerre au Moyen-Orient s'invite au synode, qui appelle à la paix

Les travaux de ce jeudi 12 octobre se sont ouverts par une prière spécialement tournée vers la Terre Sainte. Les travaux se sont concentrés sur les compte-rendus des cercles mineurs sur la deuxième partie de l'Instrumentum Laboris. Les participants au synode ont effectué un pèlerinage dans l'après-midi aux catacombes de Saint Sébastien.

Paolo Ondarza - Cité du Vatican

Moyen-Orient, Ukraine, Irak, Afrique. La prière pour la paix unit l'Église dans le monde entier. Tel est le message du Synode sur la synodalité. Il a été discuté cet après-midi lors du point presse de devant les journalistes. Les voix qui se sont succédées ont exprimé l'urgence de cheminer ensemble dans le dialogue interreligieux et interculturel.

La force de la prière pour la paix

Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, arabe, chrétienne-catholique, citoyenne israélienne d'origine palestinienne, a apporté un témoignage aux médias: la prière de supplication de ce matin au Synode, a-t-elle dit «était un moment très fort» car, a-t-elle confié, «depuis que la guerre a éclaté, j'avais le cœur déchiré et je me demandais ce que je faisais ici au synode». «Se joindre à la prière avec tout le monde a été un moment très profond». 

Selon Margaret Karram, de nombreux efforts sont nécessaires pour la paix, mais «le pouvoir de la prière est crucial». «Cette expérience m'apprend ce que signifie marcher ensemble, dialoguer, se laisser interpeller par les autres, et la synodalité n'est pas seulement une méthodologie, elle doit devenir un mode de vie de l'Église : écouter l'autre avec respect, au-delà des opinions différentes».

En prière avec le monde entier

La présidente du mouvement des Focolari a ensuite évoqué les nombreuses initiatives de prière interreligieuse mises en place ces derniers jours, y compris par le biais de plateformes numériques, afin d'impliquer le plus grand nombre de fidèles à travers le monde. «Hier (11 octobre, ndlr) il y a également eu un lien avec l'Ukraine. Nous avons convenu de nous rencontrer à la même heure pour prier ensemble à travers l'initiative "Living Peace" et nous avons également demandé des gestes concrets de solidarité envers les frères d'autres religions ainsi que l'engagement de signer un appel à la paix à adresser aux gouvernants».

Le bien qui ne fait pas de bruit

Les bonnes actions ne font pas de bruit, elles ne font que parler de haine, mais Margaret Karram a tenu à souligner que de nombreuses personnes en Israël se soucient de construire des ponts avec les habitants de Gaza. «J'ai un ami juif, confie-t-elle, qui a décidé de prier en même temps que les musulmans pour s'unir à eux dans la prière».

L'engagement de tous

Interrogée par la presse, la présidente des Focolari a appelé à une action chorale de la communauté internationale pour que les négociations reprennent et que l'urgence de résoudre ce conflit se fasse sentir : «Il y a encore trop de silence. Ma voix seule ne portera pas de fruits, l'engagement de tous est nécessaire pour promouvoir le respect des droits de l'homme et la réconciliation entre les peuples».

L'Afrique et la synodalité

«La synodalité fait déjà partie de la culture africaine», a affirmé Mgr Andrew Nkea Fuanya, archevêque de Bamenda, au Cameroun, et président de la conférence épiscopale du pays. Dans notre Église, nous faisons tout ensemble, comme dans une famille. Ce synode, a t-il ajouté «est une grande consolation pour l'Afrique, car nous nous sentons parfois abandonnés, mais l'union dans la prière avec l'Église universelle nous donne du courage et notre continent peut marquer le synode de son empreinte». Quant à la guerre, le prélat déclare avec conviction : «Elle n'est jamais une solution».

Les membres du synode dans la salle Paul VI
Les membres du synode dans la salle Paul VI

L'Évangile unit les différentes langues

L'expérience d'être une seule famille au Synode est aussi celle de Sœur Caroline Jarjis, médecin au centre de santé de Bagdad et religieuse de la Congrégation des Filles du Sacré-Cœur de Jésus. Ce jeudi matin, avec les autres participants à l'assemblée, elle a lu l'Evangile dans sa langue, l'arabe, et a été frappée par la compréhension de ses mots par tous. «Dieu est présent dans le travail que nous faisons au synode, il nous a choisis et préparés avant de venir à Rome. Ensemble, a-t-elle poursuivi, nous faisons l'expérience des premiers chrétiens qui ont tout partagé».

Le témoignage des martyrs irakiens

Le regard de Sœur Caroline communique l'espérance, même si elle ne cache pas les signes de vingt ans de souffrance dans son pays. «Je viens d'un pays en guerre, où les chrétiens sont minoritaires, mais la richesse de notre Eglise est donnée par la présence des martyrs. Leur sang», a-t-elle déclaré aux journalistes, «nous donne l'élan pour continuer, et je rentrerai chez moi avec une plus grande force grâce à cette expérience de communion avec l'Église universelle».

Répondant aux questions des journalistes, la religieuse irakienne a exprimé son soutien total à la décision du cardinal Louis Raphaël Sako de se retirer du siège du patriarcat de Bagdad après la décision du président Rashid de révoquer le décret de l'Église chaldéenne reconnaissant le cardinal comme le chef et le responsable des biens ecclésiastiques. «Il est juste de vivre dignement en tant que chrétiens sur une terre de martyrs : nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone».

Le pèlerinage aux Catacombes

Dans l'après-midi, les participants au Synode se sont rendus en pèlerinage aux Catacombes de Saint-Sébastien, connues pour abriter les dépouilles des saints Pierre et Paul, ainsi que celles de saint Calliste et de sainte Domitille. Vendredi 13 ocotbre, après la messe à l'autel de la cathèdre de la basilique Saint-Pierre présidée par le cardinal Ambongo, se tiendra la huitième congrégation générale, qui abordera le troisième module de l'Instrumentum Laboris sur le thème : "Coresponsables dans la mission. Comment partager les dons et les tâches au service de l'Évangile ?"

Entre-temps, hier après-midi mercredi avec la Septième Congrégation et ce jeudi matin avec la Sixième Session des Cercles Mineurs et la remise des rapports au Secrétariat Général du Synode, le travail sur le deuxième module consacré à la "Communion" s'est achevé.

Les thèmes de la Septième Congrégation Générale

Parmi les thèmes qui ont émergé mercredi, on peut citer le dialogue interreligieux et interculturel, l'impact du colonialisme sur les communautés indigènes, l'importance du sacrement de la réconciliation, qui nous permet d'être acceptés si nous demandons le pardon de nos péchés, l'écoute et l'implication des jeunes dans leur soif de rencontrer Jésus. À cet égard, au cours du point presse, Mgr Nkea Fuanya a partagé l'expérience de son diocèse où, en cette année dédiée à l'Eucharistie, chaque paroisse prépare une chapelle pour l'adoration perpétuelle.

La figure de Mère Teresa de Calcutta et ses soins aux malades, l'urgence de l'engagement des leaders catholiques dans la promotion de la paix, le drame des femmes marginalisées dans les périphéries, le besoin d'inclusion et d'écoute dans la vie de l'Église ont également été au centre des travaux du synode.

Le synode et Marie

Enfin, le président de la Commission pour l'information, Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la communication, a rappelé que ce jeudi était la fête de Notre-Dame d'Aparecida et de Notre-Dame du Pilar. «Ce matin, a-t-il dit, l'importance du profil marial de l'Église synodale a été soulignée. Marie est mère, elle est laïque, elle est prophétie, elle est dialogue, elle est charisme, elle est sainteté, elle est l'Évangile vécu».

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12 octobre 2023, 17:33