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Le cardinal Parolin, ici lors de la messe organisée le 6 mai 2021, à l'occasion de la prestation de serment des gardes suisses. Le cardinal Parolin, ici lors de la messe organisée le 6 mai 2021, à l'occasion de la prestation de serment des gardes suisses.  (Vatican Media)

Le cardinal Parolin en Suisse, sous le signe de Marie

Le cardinal-Secrétaire d'État du Saint-Siège est dans le pays jusqu'au 8 novembre pour les célébrations du centenaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Confédération helvétique. Ce dimanche matin, il a célébré la messe avec la communauté bénédictine dans le sanctuaire marial d'Einsiedeln.

Mario Galgano - Einsiedeln

L'abbé du monastère bénédictin d'Einsiedeln Urban Federer, en accueillant le cardinal Parolin lors de la première étape de sa visite en Suisse, a souligné: «Einsiedeln nous parle de nombreuses générations de moines et de croyants qui ont trouvé un refuge et une nouvelle force dans la Mère de Jésus». Le monastère est situé au cœur du pays et est célèbre pour sa "Vierge noire". Jean-Paul II s’y était rendu le 16 juin 1984.

Le cardinal s'est dit heureux de pouvoir commencer ce voyage dans un sanctuaire marial et il en a expliqué la raison: la célébration des 100 ans de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Confédération helvétique. De 1586 à 1873, début du Kulturkampf, il y avait déjà eu un envoyé du pape en Suisse, mais à Lucerne et officiellement seulement en tant qu'"interlocuteur" des cantons catholiques. Puis, il y a exactement 100 ans, les bases des relations officielles entre la Suisse et le Siège Apostolique ont été posées avec l’ouverture de la nonciature à Berne.

Le cardinal Pietro Parolin a accepté l'invitation du Conseiller fédéral Ignazio Cassis (qui est aussi ministre des Affaires étrangères et vice-président) à participer à la célébration de cet anniversaire diplomatique en Suisse. Ensemble, ils doivent participer lundi à une conférence de deux jours à l'Université de Fribourg, en Suisse occidentale, sur la réévaluation historique des relations diplomatiques.

Dimanche après-midi, dans un cadre privé, le cardinal Parolin a visité un autre lieu de pèlerinage important en Suisse : le "Flüeli-Ranft", également en Suisse centrale, où le saint patron de la Suisse, Nicolas de Flüe, a travaillé il y a 550 ans. Ce mystique et ermite, qui a laissé derrière lui une femme et des enfants, était déjà à l'époque considéré comme un interlocuteur important en matière géopolitico-diplomatique. Son attitude est encore appréciée aujourd'hui comme un modèle pour les artisans de la paix et la foi profonde dans l'Église.

Une relation complexe, mais appelée à se développer

L'interruption des relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège au XIXe siècle en raison du Kulturkampf est une page peu connue de l'histoire suisse. La reprise de ces relations en 1920, suite à une décision du Conseil fédéral et à l'intervention de plusieurs cardinaux, est liée aux conséquences de la Première Guerre mondiale. C'est, entre autres, grâce à l'Université de Fribourg et surtout à la coopération humanitaire pendant la Grande Guerre, sur proposition du cardinal-archevêque de Paris, Léon Amette, que le Saint-Siège a repris ses contacts avec la Suisse. L'intention était d'accueillir les blessés et les malades en Suisse.

C'est finalement grâce au conseiller fédéral Giuseppe Motta - alors président de la Confédération - que la nouvelle nonciature a ouvert ses portes à Berne. Du côté suisse, ce n'est toutefois qu'en 1991 - à la suite de discussions entre le Saint-Siège et Mgr Haas sur la situation dans le diocèse de Coire - que le Conseil fédéral a décidé de mettre fin à l'unilatéralisme dans les relations diplomatiques et a nommé un ambassadeur en mission spéciale auprès du Saint-Siège. Jusqu'à cette date, les seuls représentants suisses à Rome étaient en fait les gardes suisses.

Une nouvelle étape pourrait prochainement se dessiner. Le Département fédéral des affaires étrangères a récemment annoncé qu'il envisageait d'envoyer un ambassadeur suisse résidant en permanence au Saint-Siège, alors qu’actuellement, c’est l’ambassadeur suisse en Slovénie qui est aussi accrédité au Vatican, ce qui l’amène à faire régulièrement la navette entre Ljubljana et Rome. Les commissions parlementaires de Berne ont déjà donné leur accord pour l’établissement d’une ambassade à plein temps, et il ne manque plus que l'accord définitif du Parlement suisse.

07 novembre 2021, 18:22