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Des réfugiés rohingyas au Bangladesh, le 5 octobre 2021. Des réfugiés rohingyas au Bangladesh, le 5 octobre 2021.   (AFP or licensors)

Le Saint-Siège demande des lois non discriminatoires pour les réfugiés

Francesca Di Giovanni, sous-secrétaire pour les relations multilatérales de la section pour les relations avec les États de la Secrétairerie d'État, s'est exprimée lors du 72ème Comité exécutif du Programme des Nations Unies pour les réfugiés à Genève. Elle a adressé ses pensées aux Afghans, afin qu’ils puissent «vivre dignement» dans leur patrie ou dans les pays d'accueil.

Isabella Piro - Cité du Vatican

«Une crise de solidarité», un défi «pressant» qui interroge «notre conscience en tant que famille de nations». En ces termes, Francesca Di Giovanni définit la question des réfugiés, rappelant que «dans de nombreuses régions du monde, des millions d'entre eux ne peuvent pas jouir de leurs droits fondamentaux», et réaffirmant que «les pays d'accueil n'ont pas reçu un soutien adéquat».

Certains pays, en effet, ont mis en œuvre une «stratégie d'externalisation» que la sous-secrétaire qualifie «d'insoutenable», car «ils évitent d'assumer la responsabilité directe de flux importants de migrants et de réfugiés par le biais d'accords qui les arrêtent, souvent indéfiniment, à des points stratégiques de leur voyage». Au contraire, les pays devraient «chercher des stratégies qui engagent tout le monde en tant que partenaires égaux», comme le prévoit le Pacte mondial pour les réfugiés qui, prévient la diplomate, «ne réussira que s'il obtient la volonté politique nécessaire».

Ouvrir des couloirs humanitaires pour les plus vulnérables

Des actions concrètes et significatives sont donc souhaitées par le Saint-Siège, ce qui signifie accorder des visas humanitaires de manière «efficace, judicieuse et généreuse», ouvrir des «corridors humanitaires pour les plus vulnérables» et «garantir le regroupement familial». Dans le même temps, la chef de la délégation du Saint-Siège appelle à «s'attaquer aux causes des conflits et de l'instabilité, afin que les personnes puissent rester en paix et en sécurité dans leur pays d'origine». En particulier, Francesca Di Giovanni tourne ses pensées vers l'Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir en août, avec des conséquences difficiles pour la population. Faisant écho à l'appel du Pape François lancé à l'angélus du 5 septembre, elle souhaite que «tous les Afghans, qu'ils soient chez eux, en transit ou dans les pays d'accueil, puissent vivre dans la dignité, dans la paix et la fraternité avec leurs voisins».


Assouplir les sanctions économiques

Il est donc «essentiel» d'offrir «une protection et un accueil sûr», également parce que dans certaines situations, «les crises humanitaires sont aggravées par des sanctions économiques» qui finissent par toucher les membres les plus vulnérables de la population. Le Saint-Siège «comprend les raisons pour lesquelles des sanctions ont été imposées», déclare Francesca Di Giovanni, «mais ne les considère pas comme efficaces et espère qu'elles seront assouplies». Autre sujet de préoccupation, la sous-secrétaire souligne l'impact croissant du changement climatique et des catastrophes naturelles sur les déplacements forcés. Cela demande «une conversion et une action plus radicales», explique-t-elle, car «la crise climatique a un visage humain» et on ne peut ignorer «la souffrance» qui accompagne l'histoire de chaque personne.

Des soins de santé fondés sur le droit à la vie pour tous

Elle lance ensuite un vibrant appel à la «nécessité de protéger le droit à la santé», notamment pour les réfugiés, les migrants, les femmes et les enfants, catégories «particulièrement à risque». On ne peut admettre, insiste-t-elle, que «l'idéologie détermine l'accès aux soins de santé ou le conditionne à l'acceptation de concepts sanitaires qui ne font pas l'objet d'un consensus international ou qui violent la dignité humaine et ignorent les croyances religieuses». L'accès aux soins de santé doit plutôt être garanti par «des lois et des politiques non discriminatoires et globales, axées sur le bien de chaque personne humaine et fondées sur le droit à la vie pour tous, de la conception à la mort naturelle».

Sans fraternité, point de justice

Le discours de Francesca Di Giovanni se termine par un appel à «une plus grande conscience de notre fraternité», car nous partageons tous «la responsabilité de prendre soin de nos frères et sœurs, en particulier de ceux dont la vie et la liberté sont menacées en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur persécution politique ou de leur appartenance à un groupe social particulier». «Sans cette fraternité, conclut la sous-secrétaire, il est impossible de construire une société juste et une paix solide et durable».

05 octobre 2021, 16:02