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Travaux de déblaiement dans la cathédrale maronite Saint-Georges, endommagée par l'explosion du 4 août 2020 à Beyrouth. Travaux de déblaiement dans la cathédrale maronite Saint-Georges, endommagée par l'explosion du 4 août 2020 à Beyrouth.  (Copyright: free with credit to Photographer)

La journée de prière pour le Liban, pour passer des larmes à la lumière

Le programme et le sens de la journée de prière et de réflexion pour le Liban, qui réunira le 1er juillet au Vatican le Pape François et les responsables des principales Églises du pays du Cèdre, ont été présentés ce vendredi matin lors d’une conférence de presse en Salle de Presse du Saint-Siège.

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Cette rencontre s’intitulera «Le Seigneur Dieu a des projets de paix. Ensemble pour le Liban». Le Pape saluera brièvement les invités à 8h30 à la Maison Sainte-Marthe, avant un premier moment de prière à la basilique Saint-Pierre à 9h. Trois sessions de consultations auront lieu au Palais apostolique à 10h, 11h20 et 16h30, avec un déjeuner à la Maison Sainte-Marthe à 13h. La journée se conclura par une prière œcuménique pour la paix, à 18h à la basilique Saint-Pierre. Vatican News retransmettra ces temps de prière à 9h et à 18h.

Le sens de cette rencontre a été précisé ce vendredi matin lors d’une conférence de presse. Mgr Paul Richard Gallagher, le secrétaire pour les Relations avec les États, a insisté sur le contexte historique du centenaire de la création de l’État du Grand Liban, en 2020, qui impliquait notamment l’Église maronite, mais qui n’a pas été célébré avec la solennité prévue en raison de la pandémie et de l’effondrement institutionnel et économique du pays. «Le Saint-Siège est fortement préoccupé par l’effondrement du pays , au niveau financier, économique et social, qui frappe d’une façon particulière la communauté chrétienne et l’identité du Liban», a expliqué le responsable de la diplomatie pontificale.

Il a mentionné l’émigration des jeunes et des classes moyennes qui affaiblit fortement la présence chrétienne et met en danger les équilibres de la société et la capacité de la population à vivre ensemble. Mgr Gallagher a retracé certaines initiatives du Pape et du Saint-Siège pour manifester la proximité du Pape pour la population libanaise, notamment la visite du cardinal Parolin au Liban, la fourniture d’aides alimentaires et médicales, ou encore l’aide aux jeunes à travers l’octroi de 500 bourses d’études. «Il faut une vision commune et un engagement concret» pour donner des perspectives pour le futur, en responsabilisant aussi les dirigeants politiques, a insisté l’archevêque britannique. En réponse à un journaliste, il a déclaré qu'un voyage du Pape François au Liban pourrait s'envisager pour fin 2021 ou début 2022, dans l'espoir, d'ici-là, de la formation d'un gouvernement stable et de plein exercice.

Dans la continuité de l’attention des Papes pour le Liban

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a rappelé que cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité de l’attention des Papes successifs pour le pays du Cèdre, qui s’était notamment manifestée dans la convocation par saint Jean-Paul II, d’une assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Liban, en 1995, après la fin de la guerre civile. Les visites de Jean-Paul II en 1997 et de Benoît XVI en 2012 furent des occasions de remettre des exhortations apostoliques faisant suite respectivement au Synode spécial pour le Liban et à celui pour les Églises orientales.

Cette nouvelle initiative de prière se vivra en résonance avec toutes les souffrances du peuple libanais. «La communauté chrétienne, dans toutes ses composantes, s’interroge, réfléchit et prie: elle le fait dans les personnes des chefs des Églises et communautés ecclésiales respectives, qui viennent à Rome en n’apportant pas seulement elles-mêmes, mais le cri d’un peuple, qui bien sûr les accompagne en prière.»

Il a précisé que la prière œcuménique du jeudi à 18h se vivra en présence des religieuses et religieux du Liban vivant à Rome, ainsi que des laïcs libanais, parmi lesquels des jeunes. Le logo représentant Notre-Dame-de-Harissa est un signe d’espérance pour tout le Liban. «Un an après la terrible explosion dans le port de Beyrouth, avec les denses nuages qui obscurcirent le regard en le remplissant de larmes, nous voulons revenir voir le soleil, ensemble avec nos frères et sœurs du Liban», a insisté le cardinal Sandri.

Situer toutes les Églises dans une dynamique commune

Mgr Brian Farrell, secrétaire du conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, a pour sa part insisté sur la dimension œcuménique de cette rencontre, qui implique des Églises n’étant pas en communion avec Rome. L’Église grecque-orthodoxe du patriarcat d’Antioche, l’Église arménienne-apostolique de Cilicie, l’Église syriaque orthodoxe et le Conseil suprême de la Communauté évangélique en Syrie et au Liban seront représentés par leurs dirigeants.

«Cette rencontre entre les principaux responsables des Églises orthodoxes, catholiques et protestantes présentes au Liban sera certainement un moment de communion intense pour affronter le grand défi commun, surmonter les visions partisanes pour construire le bien de tous et sauvegarder la vocation spécifique du Liban dans le cadre religieux et social diversifié du Moyen-Orient», a insisté Mgr Farrell.

25 juin 2021, 12:43