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Le cardinal Gambetti avec le Pape François lors du Consistoire, en 2020. Le cardinal Gambetti avec le Pape François lors du Consistoire, en 2020. 

Messes à Saint Pierre: de nouvelles règles pour un meilleur recueillement

L’archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre explique les récentes normes sur les célébrations matinales dans la basilique vaticane, rappelant que les célébrations liturgiques ne sont pas des actions privées et qu'il est approprié pour les prêtres de concélébrer. Parallèlement, il précise les exceptions et la nécessité de répondre aux demandes légitimes des prêtres et des groupes de fidèles, tant pour le rite dans la forme ordinaire que dans la forme extraordinaire.

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Le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, a rendu publique une note visant éclaircir les dernières dispositions sur les messes célébrées le matin dans la basilique vaticane. Il propose quelques considérations sur le communiqué de la Secrétairerie d'État du 12 mars dernier destiné à assurer le déroulement des célébrations «dans un climat de recueillement et de décorum liturgique».

Organiser les célébrations et répondre aux désirs légitimes des fidèles

Les nouvelles normes, explique le cardinal, s'inspirent de deux principes: organiser les célébrations en fonction des heures et de leur qualité, et «accueillir et intégrer, dans la mesure du possible, les désirs particuliers et légitimes des fidèles». Selon ces dispositions, «entre 7 et 9 heures du matin, les prêtres peuvent concélébrer l'une des messes prévues dans les lieux définis». Ce qui n’empêche pas des exceptions «en ce qui concerne les lieux de célébration - à l'occasion de la mémoire d'un saint dont les restes sont conservés dans la basilique - et la tenue simultanée de certaines célébrations pour des groupes de pèlerins ou dans la forme extraordinaire du rite romain».

Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées

L’ordre des célébrations du matin envisagé par le communiqué de la Secrétairerie d'État, précise la note, «constitue une occasion de rappeler le sens et la valeur de la concélébration eucharistique qui, comme l'ont rappelé les Pères lors du dernier Concile, fait partie du sillon de la Tradition de l'Église». Ainsi que précisé par la Constitution Sacrosanctum Concilium, «les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est ‘le sacrement de l’unité’, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques».

Par conséquent, la «célébration communautaire caractérisée par la présence et la participation active des fidèles» est à préférer «à la célébration individuelle et presque privée», bien que «la messe garde toujours sa nature publique et sociale, et pour l’administration des sacrements». (SC 26-27). De fait, explique la note, l'assemblée réunie pour l'Eucharistie manifeste pleinement le mystère de l'Église: «c'est toute la communauté, le Corps du Christ uni à son Chef, qui célèbre».

Pour les prêtres, il est plus qu'approprié de concélébrer

Par conséquent, poursuit la note, «lorsque cela est possible, il est plus qu'approprié pour les prêtres de concélébrer, étant donné qu'il y a une alternance régulière de la présidence pour les concélébrations qui ont lieu habituellement dans la basilique Saint-Pierre. Il en va de même pour les fidèles individuels et les groupes, invités à participer à la même messe afin qu'elle soit une expression de fraternité et non de particularismes qui ne reflètent pas le sens de la communion ecclésiale manifestée par la célébration eucharistique».

«Sans rien enlever à la légitimité de la célébration individuelle de la Messe par des prêtres, même lorsque les fidèles ne peuvent pas y participer», peut-on également lire, il faut reconnaître  «le caractère contraignant» de la norme qui interdit de célébrer «individuellement, […] quand il y a une concélébration dans la même église ou le même oratoire». (cf. Can. 902).

Exceptions et particularités dans la basilique Saint-Pierre

La note rappelle les exceptions prévues par le Magistère dans les cas où le bénéfice des fidèles conseille de faire différemment. Dans le cas particulier des messes à Saint-Pierre, par exemple, «l'importance de la compréhension de la langue de la liturgie» pour les groupes de pèlerins venant du monde entier ne doit pas être sous-estimée.

Il convient également d’observer que «les dimensions de la basilique Saint-Pierre et son architecture permettent de répondre aux différentes exigences de ceux qui souhaitent célébrer l'Eucharistie en groupe sans empiéter sur la concélébration qui a lieu dans les principaux sites liturgiques». En outre, «dans la tranche horaire comprise entre 7 et 9 heures, le nombre de personnes fréquentant la basilique est numériquement contenu».

Dispositions pour la matinée

Pour ces raisons, le cardinal Gambetti a déjà donné des dispositions «afin que les demandes de célébration dans la tranche horaire de 7h à 9h par des groupes ayant des exigences particulières et légitimes soient satisfaites dans la mesure du possible. Les demandes pour célébrer de manière individuelle peuvent également faire l'objet d'un discernement de temps à autre, sans préjudice du principe selon lequel tout se déroule dans un climat de recueillement et de bienséance et en veillant à ce que ce qui revêt un caractère exceptionnel ne devienne pas ordinaire, dénaturant les intentions et le sens du Magistère».

Rite dans la forme extraordinaire: satisfaire les demandes

En outre, concernant «les célébrations avec le Missale Romanum de 1962, tout doit être fait pour répondre aux souhaits des fidèles et des prêtres, comme prévu par le Motu Proprio Summorum Pontificum». De cette façon, conclut Mauro Gambetti, «j'ai la certitude que le parcours initié pourra, pour chaque prêtre et chaque fidèle, favoriser la possibilité de vivre les célébrations à Saint-Pierre d'une manière toujours plus orientée au bien, au beau et au vrai».

22 juin 2021, 14:00