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Le cardinal Parolin encense l'autel lors de la messe célébrée à la basilique Saint-Pierre pour le 90e anniversaire de Radio Vatican, le 12 février 2021. Le cardinal Parolin encense l'autel lors de la messe célébrée à la basilique Saint-Pierre pour le 90e anniversaire de Radio Vatican, le 12 février 2021.  (© Vatican Media)

Ouverture, universalité et sens du contact: trois axes de Radio Vatican selon le card. Parolin

Le cardinal-Secrétaire d’État Pietro Parolin a présidé ce vendredi une messe à l’autel de la Chaire, en la basilique Saint-Pierre, pour le 90e anniversaire de Radio Vatican. Les responsables actuels du Dicastère pour la Communication étaient présents, ainsi qu’une centaine de salariés de Radio Vatican, actuels et anciens.

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Dans son homélie, le cardinal-Secrétaire d'État Pietro Parolin a tout d'abord remercié tous les employés de Radio Vatican «qui, en ce temps important, ont offert et continuent d'offrir avec générosité leur contribution à la diffusion de la voix du Pape dans le monde entier. Aujourd'hui, il est plus nécessaire que jamais de diffuser des messages bénéfiques, dans un contexte de communication qui semble souvent viser plus l'utile que l'humain, et qui doit être assaini», a-t-il remarqué, rappelant le message de l’Évangile du jour, qui parle justement d'une «guérison qui permet de communiquer, de parler et d'écouter à nouveau».

À partir de l'épisode de la guérison du sourd-muet, le cardinal a appuyé sa réflexion trois mots «liés à la mission de communiquer»: ouverture, universalité et contact.

Savoir ouvrir ses oreilles pour recevoir le message de Dieu

Le cardinal est parti de l'expression centrale de l'Évangile, «Effata!» «Ouvre-toi!» racontée dans la langue de Jésus, l'araméen, pour souligner son importance. Et à cet égard, il a déclaré que «depuis ses débuts, Radio Vatican a représenté un signe d'ouverture sur le monde, non seulement du point de vue géographique, en atteignant les latitudes les plus éloignées, mais aussi du point de vue historique, en devenant un jalon de l'innovation communicative».

Il a également souligné que l'invention de Guglielmo Marconi «était une avant-garde technologique». Et qu'aujourd'hui encore, il est «indispensable de s'ouvrir avec un nouveau regard aux besoins changeants de l'époque: ce n'est pas seulement une stratégie nécessaire, c'est surtout un besoin de foi», a-t-il insisté.

Le Secrétaire d’État a expliqué que le Saint-Père «nous rappelle souvent qu'une foi authentique nous conduit à nous ouvrir, à lutter contre les fermetures et les rigidités qui paralysent le cœur et l'enferment dans le 'on a toujours fait comme ça'... Avant Jésus, dans tout l'Ancien Testament, il n'y a pas de guérisons de sourds et de muets. Cependant, on parlait souvent de surdité, toujours de manière métaphorique, pour désigner la lenteur du cœur du peuple à recevoir le message de Dieu». Et la surdité est un danger qui existe même parmi nous aujourd'hui: chacun de nous, a reconnu le cardinal Parolin, court le risque d'être sourd aux appels de Dieu et muet en y répondant.

«Nous ne sommes pas capables de maintenir une communication ouverte avec Dieu par nous-mêmes. Tel est donc le sens profond du signe accompli par Jésus: en guérissant pour la première fois la surdité et le mutisme de l'homme, il nous révèle que Lui seul est capable de rouvrir complètement nos oreilles fermées et de nous réhabiliter en communion avec Lui.»

La multiplicité des langues, signe d’un regard universel

Le Secrétaire d'État a déclaré à ce propos que Radio Vatican a créé un réseau qui s'est étendu partout, «une expression de l'universalité de l'Église catholique et du ministère pétrinien». De plus, elle a fait prier à l'unisson des gens à des milliers de kilomètres de là. Ses émissions, à l’image l'ancienne Pentecôte, a atteint des peuples lointains dans différentes langues «sous le signe de l'Esprit qui tend la main et unit tout le monde. Radio Vatican a même franchi le rideau de fer, apportant la présence de Dieu aux totalitarismes qui nient son existence.»

Le cardinal Parolin a également souligné qu'«à chaque époque, les chrétiens doivent être guéris de l'étroitesse de leurs propres particularismes. C'est un universalisme salvateur qui nous appelle aussi à élargir les frontières de notre témoignage, car le Seigneur préserve nos voisins, mais désire aussi ardemment atteindre ceux qui sont loin.»

Se mettre au contact des personnes et de leurs attentes

Concernant la notion du contact direct avec les auditeurs, il a rappelé le grand travail accompli pendant la Seconde Guerre mondiale, par Radio Vatican, qui s’était engagée «intensément en tant que "bras opérationnel" du Bureau d'information de la Secrétairerie d'Etat, créé pour localiser et contacter les familles des disparus et des prisonniers. Un réseau de solidarité a été créé, qui a réussi à diffuser plus d'un million de messages et à mettre de nombreuses personnes en contact avec leurs proches.»

Après avoir évoqué le dernier message du Pape à l'occasion de la Journée mondiale des communications, dans lequel François souligne l'importance de «communiquer en rencontrant les gens là où ils sont et comme ils sont», le cardinal Parolin a déclaré que la communication n'est efficace que s’elle fait écho à la vie concrète des personnes.

Les gestes de guérison physique évoquées dans l’Évangile dénotent «la volonté du Seigneur de ne pas rester à la surface, mais de toucher le plus profond de la vie de l'homme». À cette époque, se souvient le cardinal, la salive était considérée comme une sorte de «souffle condensé» qui venait de l'intérieur, de l'âme. Jésus touche la langue du malade avec sa salive, comme pour lui communiquer son propre souffle vital, l'Esprit Saint.

Et aujourd'hui, «nous avons nous aussi besoin d'entrer en contact avec Jésus de manière tangible pour être guéris dans nos profondeurs. Sinon, notre relation avec le Seigneur risque de devenir une habitude et d'être réduite à une série de pratiques extérieures.» Avec un sens de l’incarnation bien situé dans la dynamique du pontificat actuel, le cardinal Parolin a précisé que «le Christ veut que nous nous rapprochions de Lui, à partir de nos parties malades; que nous redécouvrions l'intimité avec Lui, sans craindre de Lui présenter nos misères, de Lui dire nos faussetés, de placer devant Lui les fragilités dont nous avons honte.»

L'image de la Chapelle Sixtine, une métaphore de la relation entre Dieu et l’humanité

Il a conclu son homélie en évoquant l'image du «contact peut-être le plus célèbre de l'art sacré: les doigts de Dieu et d'Adam se touchant dans la voûte de la Chapelle Sixtine». Surtout dans le «détail de ce qui apparaît aujourd'hui: le doigt de Dieu est étendu et dirigé vers l'homme, mais le doigt d'Adam n'est pas étendu, il est plié: on peut donc le lever un peu pour toucher l'index divin, ou le rétracter et le replier sur lui-même. Cette image capte l'oscillation de notre relation avec Dieu.»

Mais le cardinal Parolin a surtout affirmé que Jésus, «le nouvel Adam, le Verbe fait chair, nous a définitivement mis en contact avec le Dieu du ciel. C'est à nous de nourrir un lien vivant avec lui, le seul qui puisse nous guérir de notre médiocrité et nous faire toucher de nos propres mains le mystère de Dieu, le sens et le but de notre existence.»

12 février 2021, 15:38