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Mgr Tomasi avec le Pape François en 2014. Mgr Tomasi avec le Pape François en 2014.  (Vatican Media)

Mgr Silvano Tomasi: «une responsabilité de continuer à servir l'Église»

Choisi par le Pape François parmi les futurs cardinaux, l'archevêque italien, longtemps nonce apostolique, se réjouit de cette nomination et y voit un encouragement à une Église qui fait entendre sa voix dans le monde.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

C'est une annonce qu'il a reçue avec surprise et émotion, confie-t-il au téléphone. À tout juste 80 ans (il les a fêtés le 12 octobre dernier), Mgr Silvano Maria Tomasi fera parti des futurs cardinaux lors du prochain consistoire annoncé par le Pape François ce dimanche. S'il ne sera pas électeur en cas de conclave, ce choix du Saint-Père le touche profondément et vient selon lui couronner une vie au service de la diplomatie pontificale.

La carrière de Mgr Tomasi s'est en effet très vite tournée vers le dialogue et la médiation, fruit d'une formation polyglotte et sur plusieurs continents. Il suit en effet ses études de théologie en Italie puis à New York où il est ordonné prêtre en 1965 dans la congrégation Saint Charles Borromée, les "Scalabriniens", un ordre particulièrement impliqué auprès des migrants. Mgr Tomasi est d'ailleurs l'un des fondateurs du Centre d'Etudes des Migrations de New York, et sera durant ses années américaines directeur du bureau de la pastorale des migrants auprès de la Conférence des évêques américains, de 1983 à 1987.

Un parcours au service de l'Église et du Saint-Siège

Son service diplomatique débute en 1996, où il est nommé nonce apostolique en Éthiopie et Erythrée, et observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Union Africaine, qui siège à Adis Abeba. puis est nommé à Djibouti. Nommé en 2003 observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'ONU à Genève, Mgr Tomasi fera résonner la voix de l'Église dans les enceintes internationales sur des thématiques qui concernent aussi bien la liberté religieuse, la non-prolifération nucléaire, ou le droit des migrants. «Mon souci premier était d’apporter une réponse éthique, sur la base de la doctrine sociale de l’Église, aux nouveaux développements et défis de la politique, de l’économie, de la technologie, des moyens de communications sociales», confiait-il au moment de quitter Genève en 2016.

Le choix du Pape François de le créer cardinal vient saluer ce parcours au service de l'Église et du Saint-Siège, relève t-il, dans un monde plus fracturé que jamais, où la voix de l'Église est attendue, en particulier en pleine pandémie où le repli sur soi est une tentation. 

Entretien avec Mgr Tomasi
25 octobre 2020, 16:03