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Vatican News
Bangkok, Thaïlande, le 25 mai 2020 Bangkok, Thaïlande, le 25 mai 2020  (AFP or licensors)

Migrants et réfugiés : les circuits d’information

Chaque semaine retrouvez le bulletin d’information «Covid-19: personne ne doit être oublié», de la section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le service du développement humain intégral. Le bulletin numéro 7 est consacré aux circuits d’informations destinés aux personnes déplacées.

En raison du chao et de l’état d’alarme générés par le COVID-19, les personnes contraintes de fuir sont souvent encore plus désorientées et marginalisées. Elles se retrouvent dans un pays étranger avec une situation de vulnérabilité qui lui est propre et, en tant que non-résidents, il leur est difficile d’accéder aux services essentiels.

Afin de les aider, la Section de la mobilité humaine de la Conférence épiscopale péruvienne (ES) a décidé de faciliter l’accès à l’information et élaboré plusieurs documents destinés aux migrants et aux réfugiés. Ils bénéficient ainsi de conseils juridiques, de renseignements sur la santé et sur le travail au milieu de la pandémie, et ont accès à des téléphones. En outre, la Conférence des religieuses et religieux du Pérou (ES) relate les différentes activités mises en place par les acteurs catholiques à travers le pays afin d’aider les personnes vulnérables. L’un de leurs objectifs est de s’assurer que les personnes dans le besoin sachent où s’adresser pour obtenir une aide spécifique.

Comme l'a affirmé le pape François, nous ne pouvons surmonter cette urgence qu'en agissant comme une communauté unique et mondiale. Pour cette raison, l'aide de chacun est précieuse. Différents acteurs catholiques ont publié des lignes directrices et des suggestions pour guider les communautés locales sur les actions possibles pour aider les migrants et les réfugiés pendant la crise du COVID-19.

Le GIAN (Global Ignatian Advocacy Network on Migration) a publié un document (EN) énumérant différentes recommandations sur la façon de prendre soin des migrants vulnérables. L’une d’entre elles invite les autorités gouvernementales à fournir des informations précises et à jour dans différentes langues sur les mesures de santé et de sécurité, ainsi qu'à mettre en place un réseau de soignants.

De même, le JRS USA (Jesuit Refugee Service) a proposé 6 façons d’être solidaire avec les réfugiés (EN). Parmi elles, le soutien à l’éducation ou encore le fait d’exhorter le gouvernement américain à respecter les droits des demandeurs d'asile plutôt que de fermer les frontières et de cesser de traiter leur dossier.

Répondre aux besoins fondamentaux des migrants et des réfugiés

Le confinement et la fermeture des frontières mis en place pour endiguer le COVID-19 a maintenant affecté presque toutes les économies du monde. Par conséquent, la pauvreté a augmenté aux quatre coins du globe et, tout particulièrement dans les communautés vulnérables, le risque de famine est désormais équivalent ou supérieur au risque de contracter le virus. Conscients de cette réalité, de nombreux acteurs catholiques du monde entier font des efforts pour fournir aux communautés déplacées de la nourriture et autres articles essentiels.

Au Nigéria, l'un des pays les plus touchés par le virus en Afrique, la Communauté de Sant'Egidio (IT; ES; PT) a distribué de grandes quantités de nourriture et de produits de santé aux familles des personnes déplacées sur le territoire de la capitale fédérale Abuja. Des désinfectants pour les mains, du riz, des haricots, de la pâte de tomate, de l'huile et d'autres produits de première nécessité ont été livrés à 468 familles dans le camp de Games Village et à 90 familles à la périphérie d'Abuja. De plus, une campagne d'information a été lancée sur la propagation du coronavirus et la nécessité de suivre des mesures d'hygiène spécifiques, avec entre autres le respect des règles et réglementations gouvernementales.

ACMI Familles aux Migrants (EN) s'est associée à des donateurs individuels et à des organisations pour distribuer des kits de soins aux travailleurs migrants et aux familles vivant à Singapour pendant le COVID-19. Beaucoup d'entre eux ont un accès limité aux aides sociales locales et au soutien de leurs proches en raison des restrictions de voyage. Par conséquent ils ne peuvent compter qu’exclusivement sur l'aide humanitaire. Le kit de soins comprenait de la vitamine C liquide, des masques chirurgicaux, des céréales et des désinfectants pour les mains.

En Irak, face à l’interdiction de voyager entre les régions, la plupart des organisations humanitaires n'ont pas eu la possibilité d’accéder physiquement aux installations et aux bénéficiaires. Progressivement, à mesure que la situation liée au COVID-19 s’améliore, les agences d'aide catholiques soutenant les personnes déplacées dans le nord de l'Irak parviennent à rejoindre les plus nécessiteux (EN), tandis que d'autres projets peuvent être menés via Internet.

Par exemple, l’organisation CRS (Catholic Relief Service) a été autorisée à reprendre certaines missions comme l'emploi et la réparation des écoles, des maisons et des abris, ciblant principalement les personnes de retour dans la région.

Pour sa part, Caritas Allemagne soutient un programme de distribution de paniers de nourriture et de produits d’hygiène à 1 000 familles dans le besoin par le biais du porte à porte. Les principaux bénéficiaires sont les communautés chrétiennes et yézidis déplacées à l’intérieur du pays. Ces derniers qui comptaient sur le travail de jour n’ont plus aucun revenu en raison des inquiétudes suscitées par le coronavirus.

Au Brésil, le service pastoral des migrants de Santa Catarina (PT) mène une campagne contre le COVID 19. Le père Marcos et le père Nelson ont témoigné de l'aide apportée dans cette ville et sa région métropolitaine. Les agents ont dû éviter tout contact direct avec la Casa do Migrante (Maison des migrants), mais ils poursuivent leur communication à distance avec les nouveaux arrivants. Par exemple, des paniers contenant des aliments de base et des kits d'hygiène ont été livrés aux migrants hébergés dans le centre ainsi qu’aux familles à l’extérieur. De plus, chaque semaine, des activités d'apprentissage du portugais ainsi que des informations sur le coronavirus ou sur l’accès à l’aide d’urgence sont envoyées.

Offrir un refuge aux migrants et aux réfugiés

De nombreux centres d'accueil pour migrants et réfugiés ont dû fermer ou refuser de nouveaux arrivants pour garantir la distanciation sociale. De plus, en raison du confinement, plusieurs travailleurs migrants se sont retrouvés sans emploi et sans abri. Dans différentes parties du monde, les acteurs catholiques ont fait des efforts pour garantir à chacun un logement.

Aux Philippines, trois centres scalabriniens (EN; ES; IT) fonctionnent toujours en dépit de difficultés financières et sanitaires : le centre Stella Maris de l'Apostolat de la mer, le centre scalabrinien pour les personnes en mouvement et les dortoirs Pius. Ensemble, ils accueillent 259 personnes et 8 membres du personnel. La décision de rester ouvert malgré les restrictions et le risque d'infection a été discutée sérieusement et de manière approfondie. Toutefois, la fermeture complète aurait signifié l'abandon de nombreuses personnes dans le besoin dans les rues de la ville, à un moment extrêmement critique.

En France, la Maison Paul VI, ancien séminaire de Lille, accueille des mineurs étrangers et des sans-abri durant la crise du COVID-19. Un groupe est accompagné par la Pastorale des migrants, l'autre par la Croix-Rouge. En raison des travaux prévus dans la maison, l'accueil de mineurs africains isolés devait se terminer début mai. Toutefois, vue le contexte particulier, il a été prolongé jusqu'au 31 mai. Avant l’arrivée du COVID-19, l'hospitalité n'était offerte que le soir et la nuit, mais la réception est désormais ouverte 24h / 24 et 7j / 7. En cas de problème un gardien vit sur place. Les jeunes ne sortent que pour l'accès au parc. Les paroisses avaient pour habitude de faire leurs courses à tour de rôle, elles sont désormais faites par des membres du groupe Pastorale des Migrants.

Lorsque la Bolivie a fermé ses frontières le 25 mars pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus, des centaines de travailleurs agricoles saisonniers boliviens se sont retrouvés bloqués dans le centre du Chili, incapables d'obtenir de la nourriture ou un abri. Des groupes catholiques se sont mobilisés (EN; ES) pour organiser l’accès à des logements, de la nourriture et d’autres aides pour les travailleurs migrants.

Au départ, la RED CLAMOR - un réseau qui coordonne les efforts de nombreuses organisations au service des migrants, des réfugiés et des victimes de la traite des êtres humains - a trouvé un logement pour 600 personnes. Le premier soir, le nombre de bénéficiaires était toutefois déjà largement supérieur au nombre de places prévues, avec 950 personnes logées dans des paroisses et une maison de retraite locale. Les travailleurs migrants ont reçu des masques et des désinfectants pour les mains, des repas et des nattes pour dormir. Le réseau leur apporte également des conseils juridiques sur leur situation professionnelle et l'accès à l'assurance chômage.

En Colombie, en pleine pandémie, différentes organisations et institutions ecclésiales offrent un hébergement temporaire (ES) aux migrants du Venezuela. Il s'agit d'une nouvelle mission, et une grande partie du travail est effectuée de manière informelle, le décret d'urgence les ayant obligés à arrêter les opérations afin de bloquer la propagation du virus. Parmi elles, la Fondation pour les Migrants (Fundación Atención al Migrante), un refuge d'urgence exploité par les sœurs missionnaires scalabriniennes, offre également une assistance psychologique et juridique. JRS Bogota, propose également un refuge fournissant une aide sanitaire et une assistance juridique.

 

Pour consulter les bulletins précédents, nous vous invitons à vous rendre sur notre site sur la page:

https://migrants-refugees.va/fr/blog/2020/04/21/covid-19-personne-ne-doit-etre-oublie/

02 juin 2020, 12:20